Le Festival

béesse, la sorcière bafouée /
benaïbout

20, 22, 24, 26, 28 août, 11h

 

MISE EN SCÈNE Sophie Guibard
COLLABORATION ARTISTIQUE Pauline Bolcatto
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain
CREATION SONORE Romain Tiriakian

DISTRIBUTION

Pauline Bolcatto : Violaine Sonneville / Lucifer
Baptiste Chabauty : La mère / Charles Boutrelle / Bélial / Les ténèbres
Elsa Grzeszczak : Caroline / Béesse
Sophie Guibard : Salomé / L’ange Sophitiel
Morgane Nairaud : Madame Pepeul-Pote / Raziel / L’ange Gabriel

sYNOPSIS

Béesse, la sorcière bafouée est un poème de science-fiction pour cinq acteurs. C’est l’histoire d’une super-héroïne qui se révèle à elle-même dans une société contemporaine où elle ne s‘épanouit pas.

Une employée moyenne dans une entreprise de mode bas de gamme rêve d’y gravir les échelons mais personne ne la considère, et la directrice, Madame Boutrelle, l’humilie toujours plus. Les samouraïs sont sa passion secrète. Le soir, elle les regarde sur son écran HD. Cela la console, mais ne l’empêche pas de souhaiter une place plus haute, et la considération qu’elle n’a jamais eue. Elle fait un burn-out après avoir travaillé sept jours sans boire ni manger pour prouver son dévouement. Alors qu’elle quitte son corps pour rejoindre peu à peu les enfers, une mystérieuse âme lui propose un marché : un retour d’entre les morts contre un pouvoir illimité – celui d’être possédée par une sorcière bafouée nommée Béesse. Elle accepte le marché. Habitée par un nouveau désir de vengeance, elle devra monter une à une les marches de l’entreprise, et forte de son nouveau pouvoir, se confronter à ceux qui jusqu’ici vivaient pour l’humilier.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Jouer Béesse, la sorcière bafouée au NTP, c’est défendre l’idée qu’une contrainte ou un handicap, qu’il soit physique, social, psychologique, peut devenir la plus grande des forces. Les super-pouvoirs qui transforment les protagonistes sont la traduction poétique de cette idée. Mettre en scène ce texte au festival sera l’occasion de chercher un langage poétique nouveau, où se rencontreront la « culture geek » et le théâtre pauvre. Nous chercherons comment représenter les « super-pouvoirs » de nos héros sans autre moyen que les corps. Il s’agira de faire le lien entre le théâtre épique et notre époque, qui aime le surnaturel et les effets spéciaux ; de trouver une nouvelle façon de parler du désir d’immortalité, qui habite le monde virtuel autant qu’il a habité la mythologie. Avec Béesse, le défi sera de produire le plus de magie avec le moins de moyens possibles.

Note de la metteure en Scène

La théâtralité de Béesse sera simple, reposant, comme nous avons déjà su le faire au NTP, sur le jeu de l’acteur, pour la pure jubilation du jeu, de la chorégraphie, de la composition et devra faire place nette à l’imaginaire extrêmement riche qu’offre le texte. Pour montrer le contexte de l’entreprise, des scènes de films de samouraïs et des pouvoirs surnaturels, l’écriture comme la mise en scène seront inspirées des procédés sans âge du théâtre : dispositif frontal, deux hauteurs mais pas plus de décor, et des chansons qui rythment l’ensemble.

L’auteur : Moustafa Benaïbout

Moustafa Benaibout écrit sa première pièce de théâtre, Contre le Monstre de Nosgoth, quand il est élève au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique en 2014. Il y met en scène des super-héros en proie à leurs tourments. En 2016, il écrit Mathilde, un cabaret fantastique relatant l’histoire d’amour d’une elfe des bois et d’un tueur à gages dans les années 50, et en 2018, Angélik, l’histoire d’une extraterrestre qui échoue dans un camp rom en Bulgarie, tandis que les révolutions grondent dans les Balkans. Il accorde dans ses œuvres une grande place à la musique, parfois élément central dans la dramaturgie même. Moustafa Benaïbout a participé, comme comédien, à la 8e édition du festival du Nouveau Théâtre Populaire et a joué dans Richard III et Penthésilée (2016).

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

 

robin des bois /
todorov

19, 21, 23, 25, 27 août, 11h

 

TEXTE ET MISE EN SCÈNE Sacha Todorov
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION

Valentin Boraud : Le prince Jean / petit Jean
Joseph Fourez : Le baron Robert Loxley de Nottingham, dit « Robin des bois »
Frédéric Jessua : Frère Tuck / Le shérif de Nottingham
Sacha Todorov : le roi Richard Cœur de Lion
Charlotte Van Bervesselès : Marianne

SynopSiS

L’Angleterre, au cœur du Moyen Age. En l’absence du roi Richard Cœur de Lion, le prince Jean prend le pouvoir : très vite, il s’empare de toutes les forêts du pays, interdisant aux pauvres d’y chercher du bois ou du gibier. Dans la forêt de Sherwood, la résistance s’organise… Le baron local, un certain Robin de Nottingham, va devoir choisir son camp !

pourquoi cette pièce au ntp ?

Revisiter la légende de Robin des bois semble s’imposer aujourd’hui ! À l’heure où la concentration des richesses n’a jamais été aussi grande, le héros qui vole aux riches pour donner aux pauvres est d’actualité ; et alors que la privatisation généralisée des terres, des mers et autres ressources s’étend de jour en jour, il est intéressant de se souvenir où tout cela a commencé — c’est le mouvement des « enclosures », la privatisation des forêts, dans l’Angleterre du XIIIesiècle — et comment cela se passait auparavant.

Pour le festival du NTP, cela fait sens de façon plus particulière encore. Cela fait sens par rapport à notre région, Les Pays de la Loire : l’histoire de Robin est une sorte d’histoire locale, que ce soit au XIIIesiècle — l’Anjou faisait alors partie des terres du roi Richard —, ou au XXIe— puisque Fontaine-Guérin est à quelque cent kilomètres de la Z.A.D de Notre-Dame-des-Landes, qui pour toute la région a reposé de façon brûlante les questions qui sont celles de Robin : faut-il se rebeller contre une loi qu’on trouve injuste ? Un autre rapport à la terre que celui du propriétaire est-il possible ? Et au fond, à qui appartiennent les forêts ?

Enfin, Robin des bois est sans doute un des héros les plus populaires auprès des enfants : pour cette raison, il a toute sa place au festival du Nouveau Théâtre Populaire, qui tient à ce que le théâtre s’adresse à tous, et aime par conséquent à offrir aux plus jeunes des relectures des grands mythes.

Note du metteur en scène

Même si les sujets abordés sont sérieux, Robin des bois est une comédie ! De toutes ces questions, nous avons gardé ce qui faisait naître un théâtre vivant, spectaculaire et joyeux. Le spectacle profite pleinement de la situation du NTP — en plein air, au creux d’un jardin — pour jouer avec tout l’espace aux alentours. Et le succès de la révolte est suspendu à la réussite de Robin au tir à l’arc !

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L’auteur : Sacha Todorov

Sacha Todorov est membre de la troupe du Nouveau Théâtre Populaire, formé à l’ENS de Lyon et au Théâtre National de Strasbourg. Metteur en scène, il est également auteur de plusieurs pièces (Le Baby-sitting (2016), Comment Frank a changé ma vie (2017)) et traductions (Dom Juan de Tirso de Molina (2011), Othello de Shakespeare (2018)), notamment pour le NTP (Le Jour de gloire est arrivé avec Léo Cohen-Paperman (2015), la traduction avec Lazare Herson-Macarel d’Œdipe roi de Sophocle (2015) et de La Paix d’Aristophane (2016)). Pour le jeune public, il a coécrit avec Nancy Huston Mascarade (2008) et, avec Elsa Grzeszczak, La Belle et la Bête (2014) et L’Enfant sauvage (2015) pour le NTP.

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2022

Festival 2019

la possibilité d’une île /
houellebecq

19, 25 août, 20h30

 

aussi en tournée des vendanges
les 6, 7, 13, 14, 15 septembre

D’après l’ouvrage intitulé La Possibilité d’une île de Michel Houellebecq
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE
Léo Cohen-Paperman
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain
ASSISTANT MISE EN SCÈNE (STAGIAIRE) Thibault Delacoste

DISTRIBUTION
Elsa Grzeszczak, Morgane Nairaud, Julien Romelard

>> Spectacle comportant des scènes à caractère sexuel

SYNOPSIS

La Possibilité d’une île, c’est l’histoire d’un comique, Daniel. Dans les années 2010, il devient millionnaire en écrivant des spectacles vulgaires et politiquement incorrects, quelque part entre Dieudonné et Bigard. Un soir, il tombe amoureux d’Isabelle, rédactrice en chef du magazine Lolita. Elle a trente-sept ans, lui trente neuf. Ils se marient puis se retirent dans une immense propriété en Andalousie. Les années passent et leur amour n’y survit pas. Vers la fin de sa vie, Daniel rencontre Esther. Dès les premiers instants de cette rencontre, il comprend qu’il va vivre avec elle un bonheur total et que la perte de ce bonheur va le tuer.

Ces histoires d’amour — comiques et tragiques, sentimentales et cyniques — vous seront racontées par Esther48, la quarante-septième réincarnation d’Esther. Cinq millénaires plus tard, dans un futur où tous les désirs, toutes les peurs, tous les rapports humains sont abolis, comment comprendre ? Comment comprendre les joies de l’amour ? Comment comprendre la peur de la mort ? Comment comprendre ce que fut la vie des hommes ? Esther48 vous guidera dans ces tristes lieux afin que vous puissiez, à votre tour, témoigner de l’horreur humaine.

pourquoi adapter ce roman au ntp ?

Parce que Houellebecq est un auteur contemporain et populaire. Parce que ce roman est absolument théâtral. Parce que la langue est à la fois triviale et lyrique. Parce que ça parle du déclin de la chair. Parce que ça parle de l’impasse du désir (comme de l’absence de désir). Parce que ça parle d’un acteur. Parce qu’à ma connaissance, aucun autre auteur vivant ne raconte aussi bien de la misère de l’homme moderne. Parce que les (rôles de) femmes sont incroyables. Parce que c’est espérant comme Auguste Comte. Parce que c’est compassionnel comme Schopenhauer. Parce que c’est très métaphysique. Parce que c’est très drôle.

note du metteur en Scène

Je veux centrer l’adaptation autour des problématiques du couple dans la société contemporaine, où le corps est sommé de rester éternellement désirable, jeune. C’est pour cela que le spectacle racontera, pour l’essentiel, les amours de Daniel et d’Isabelle. J’imagine un dispositif très simple : le public entoure une table où une femme et un homme se font face, mangent et disent les mots de Michel Houellebecq. Dans mon rêve, le spectacle ressemble à un dialogue sur l’amour et le temps. Ce sera très convivial, entre le one-man-show et le dîner entre amis.

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L’auteur : Michel Houellebecq

Michel Houellebecq né Michel Thomas le 26 février 1956 (ou 1958) à Saint-Pierre (La Réunion), est un écrivain, poète et essayiste français.
Il est révélé par les romans Extension du domaine de la lutte et, surtout, Les Particules élémentaires, qui le fait connaître d’un large public. Ce dernier roman, et son livre suivant Plateforme, sont considérés comme précurseurs dans la littérature française, notamment pour leur description de la misère affective et sexuelle de l’homme occidental dans les années 1990 et 2000.

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

les possibilités /
barker

22, 28 août, 20h30

aussi en tournée des battages
les 26, 27 juillet, 2, 3, 9, 10 août

 

 

TRADUCTION Sarah Hirschmuller et Sinéad Rushe
MISE EN SCÈNE
 Antoine Philippot
COLLABORATION ARTISTIQUE Léo Cohen-Paperman
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Hélène Bressiant, Julien Campani, Céline Chéenne, Emilien Diard-Detœuf, Sophie Guibard

sYNOPSIS

Les Possibilités, ce sont sept scènes indépendantes les unes des autres, du moins en apparence. Ce qu’elles ont en commun c’est la guerre, le danger et une sensation d’oppression proche de l’étouffement.

La brutalité y est omniprésente avec des assassinats, des viols, des mutilations, des tortures… Ces sept chapitres d’une même histoire (L’extase du tisserand à la découverte de la nouvelle couleur, Embrasse mes mains, Les conséquences inattendues d’un acte patriotique…) construisent un monde d’une violence insoutenable, car avant tout morale.

pourquoi cette pièce au ntp ?

On s’est habitué aux images de guerre et à leur inhumanité, mais Barker ici atteint un degré bien différent de cruauté. Il rend visible les pires conflits moraux possibles. Il peint des situations où chaque décision est mauvaise. Il rentre dans nos têtes, là où, d’habitude et facilement, on juge. Il fait vaciller tout ce à quoi on se raccroche et qui est censé faire tenir notre monde debout. En ce sens, c’est un théâtre de la catastrophe.

note du metteur en Scène

Aujourd’hui, le spectacle que j’imagine serait comme une cérémonie religieuse, un grand rituel simple et épuré. Cinq acteurs et rien d’autre. J’aimerais rendre cette violence dramatique la plus imaginaire possible, la plus mentale, pour cela il n’y aurait aucun accessoire, rien pour représenter les poignards, les blessures, les morts, le sang des morts qui coule, où les sacs remplis de têtes de morts…

On se contenterait de dire les didascalies et de mimer. Le mime serait la façon la plus efficace pour obliger le spectateur à participer, à compléter par son imaginaire le tableau qu’on lui présente. Je crois que là se trouvera la plus grande violence et la plus grande pudeur. Rendre la chose mentale, rien de didactique, rien pour «faire passer la pilule», juste l’espoir que la lumière se rallume vite à la fin, pour que tout ça reste du théâtre.

––

L’auteur : Howard Barker

Dramaturge, poète, essayiste, peintre, auteur de textes pour la télévision, la radio et le cinéma, Howard Barker, né en 1946 en Angleterre, a produit plus de soixante-dix œuvres.

A la tête d’une compagnie, il est aussi le metteur en scène de ses propres pièces. Excès, parodie, clins d’œil au patrimoine culturel (notamment à Shakespeare et à Brecht), refus du réalisme constamment empêché (par une composition en fragments ou par une multiplication des points de vue), tous ces traits font basculer l’œuvre de Barker du côté du grotesque. Mais ce grotesque est le seul nom que peut prendre aujourd’hui le tragique, car si Barker désigne son œuvre du nom de « théâtre de la catastrophe », c’est bien qu’il se place au moment où le pathos et la participation émotionnelle sont inopérants devant l’état du monde après Auschwitz. L’issue de secours est de sublimer le tragique par une sorte d’ironie noire et dérangeante : Barker ne transmet aucun message, sinon celui de la mise en crise conjointe de l’éthique et de l’esthétique.

 


Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

des châteaux qui brûlent / bertina

18, 21, 24, 27, 30 août, 20h30

 

Rencontre avec Arno Bertina 

24 août, 18h

 

D’après le roman Des châteaux qui brûlent d’Arno Bertina (Éditions Gallimard)
ADAPTATION
Julien Campani et Arno Bertina
MISE EN SCÈNE
 Julien Campani
COLLABORATION ARTISTIQUE Sacha Todorov
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
CHOREGRAPHIE Georgia Ives
CONSTRUCTION TETE DE POULET
Jean-Robert Lefebvre
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Pauline Bolcatto : Vanessa Perlotta, salariée au conditionnement / La journaliste
Valentin Boraud : Cyril Bernet, salarié à l’étourdissement
Hélène Bressiant : Sylvie, salariée à l’équarrissage
Baptiste Chabauty : Hamed, salarié au conditionnement / Marc Galuzeau, conseiller du Préfet
Céline Chéenne : Fatoumata Diarra, salariée au conditionnement
Emilien Diard-Detœuf : « Pin-Pon », salariée à l’étourdissement / Le Préfet
Clovis Fouin : Pascal Montville, secrétaire d’Etat à l’Industrie
Joseph Fourez : Gérard Malescese, salarié au transport
Sophie Guibard : Céline Aberkane, conseillère de Montville / Myriam, salariée au condtionnement
Frédéric Jessua : Hervé, salarié à l’équarrissage
Antoine Philippot : Witeck Grocholski, salarié au transport / Christian-Marie Perrier
Sacha Todorov : Don Quichotte, personnage de roman
Charlotte Van Bervesselès : Ouria, salariée à l’étourdissement / Kimberley, salariée

 

 

SynopSiS

La scène est en France, à l’Ouest, aux alentours de 2015. C’est une fiction : les salariés d’un abattoir de volailles placé en liquidation judiciaire séquestrent pendant plusieurs jours le Secrétaire d’Etat à l’Industrie, Pascal Montville (socialiste et partisan de la décroissance).

Arno Bertina et moi allons démonter son roman, Des châteaux qui brûlent, et bricoler une pièce pour treize acteurs – pour chacun d’entre eux, et pour notre plateau.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Pour questionner poétiquement le Politique – de manière intime et globale.

Intime, parce que l’œuvre raconte les heurts et bonheurs d’une assemblée sans chef : celle qui s’invente au sein de l’abattoir une fois le ministre séquestré. C’est l’occasion pour le NTP de jouer avec ses idéaux de démocratie directe et d’art populaire, d’en débattre, et de sortir de soi – une troupe de théâtre c’est pas comme une usine.

Globale, parce que le pays – le monde – entier est secoué par les violences sociale, politique, financière. Poser la question de ces violences sur un plateau de théâtre, c’est, d’abord, l’occasion de sortir de la temporalité de l’actualité pour se plonger dans celle du présent. C’est prendre le temps de voir, et d’entendre. Autre vitesse, autre lenteur. Les acteurs sont là pour ça. Incarner des femmes et des hommes dans toutes leurs contradictions. Faire chanter les voix que l’Histoire n’entend pas. Aimer la colère ; celle de l’Autre comme la sienne. Croire à l’intelligence collective. Laisser agir ou surgir nos métamorphoses.

Et mettre en scène un homme d’Etat pour lui faire partager la vie d’une insurrection populaire, c’est aussi, au sein de l’étrange espace démocratique qu’est le théâtre, prendre le temps d’incarner des questions qu’un bulletin de vote ou une chaîne d’information ne sauraient faire résonner durablement – ni même, si j’ose dire (mais voilà, c’est tout l’enjeu) : joyeusement.

note du metteur en Scène

Le théâtre est là pour nous mettre en grande santé. Celle qui, comme le dit Nietzsche, « intègre la maladie ».

On donnera à voir et à sentir des êtres régénérés par un conflit politique. Comment la peur (qui paralyse) devient du trac (qui mobilise). Comment on passe de la réaction à l’action, pour le pire et le meilleur ? C’est ça qu’on racontera. En représentant une pensée collective en acte.

La parole sera le cœur du spectacle. Parler, écouter et voir comment chaque solitude peut se libérer en en rencontrant une autre ; comment les différences peuvent ne pas se dissoudre dans une pensée unique mais au contraire, comment ça crée du mouvement, parfois, le simple fait d’être ensemble et de dialoguer enfin, dans la durée.

Parler – jusqu’au chant. On ne cherchera jamais un ordre didactique mais un chaos poétique qui donnerait à entendre une musique commune, une sorte de basse continue sur laquelle chacun pourrait accoucher d’une mélodie.

L’abattoir sera notre théâtre du monde. Les lames, le sang, les poulets. « Spectateurs, soyez les bienvenus dans le corps de Dionysos.»

Il y aura une poule, il y aura Don Quichotte (le vrai), il y aura des discours et des dialogues de couloirs, il y aura de la musique et il y aura de la danse.

Pour une tragédie chorale en route vers le carnaval. Parce que retirer sa blouse d’abattoir ou sa cravate de ministre c’est enfiler un autre costume : celui de son propre corps, déplacé, bouleversé, étonnant – ce corps qu’on n’attendait pas, qu’on n’attendait plus – pour le pire ou pour le meilleur.

––

L’auteur : Arno Bertina

Né en 1975, il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages. « Les romans et récits d’Arno Bertina mettent en jeu l’identité des formes et des êtres, interrogeant, à travers leurs métamorphoses, la labilité des signes, la dualité des origines et le nécessaire déchirement du sujet au contact du monde. Qu’il soit porteur des séquelles de l’Histoire ou des possibles d’un présent facétieux, le personnage au centre de ces narrations dit son désir de liberté d’une voix empêchée, dédoublée ou encore chahutée par des discours autres. » (Arno Bertina, Classiques Garnier).

Il a écrit deux textes pour le théâtre : La Relève des dieux par les pitres (par Agnès Sourdillon, Avignon Sujets à vif 2009), et Le Dernier Cash (par Julien Campani, Maison de la Poésie 2016 et tournée).

Des châteaux qui brûlent est publié chez Verticales (Gallimard) en août 2017.

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

les enivrés /
viripaev

17, 20, 23, 26, 29 août, 20h30

 

TRADUCTION Tania Moguilevskaia et Gilles Morel (Edition Les Solitaires Intempestifs)
MISE EN SCÈNE Julien Romelard
COLLABORATION ARTISTIQUE Joseph Fourez
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION

Pauline Bolcatto : Magda, copine de Laoura
Valentin Boraud : Lawrence, mari de Magda
Hélène Bressiant : Lora, femme de Gustav
Baptiste Chabauty : Max, manager en opérations bancaires
Céline Chéenne : Rosa, prostituée
Léo Cohen-Paperman : Rudolph, manager en relations publiques
Emilien Diard-Detœuf : Karl, banquier, mari de Linda
Clovis Fouin : Gabriel, directeur adjoint d’une compagnie de BTP
Elsa Grzeszczak : Marta, jeune fille
Frédéric Jessua : Mark, directeur d’un festival international de cinéma
Morgane Nairaud : Laoura, modèle
Antoine Philippot : Gustav, banquier, mari de Lora
Sacha Todorov : Mathias, manager d’une agence publicitaire
Charlotte Van Bervesselès : Linda, femme de Karl

 
SynopSiS

Les Enivrés raconte, entre comédie et tragédie, la rencontre de quatorze personnages « ivres jusqu’au cul » qui découvrent et s’avouent, dans un état pitoyable et ridicule, des vérités extrêmes et magnifique.

Ces héros de notre époque (manager, mannequin, banquier, directeur de festival…) chutent dans la boue, renversent des tables, essayent d’entendre le chuchotement du Seigneur, trompent leur conjoint, fêtent leur mariage, s’endorment habillés dans une baignoire, dansent pour réussir à se tenir debout, cherchent désespérément de la viande dans le frigo d’un restaurant végétarien, répètent des phrases tiré d’un film, croient qu’ils peuvent marcher sur l’eau, fêtent l’anniversaire d’une mère morte qui ne supportait pas l’alcool (cette même mère tué par son chat), se marient devant un abribus, pleurent, rient, boivent… essayent désespérément de se tenir debout… A quoi tout cela sert-il ? Cela a t-il du sens ? Ils cherchent désespérément une vérité, leur vérité. Ils cherchent à tenir debout dans ce monde. Il n’y a pas d’intrigue principale, pas d’histoire. C’est un lot de rencontre. Des démons qui se confrontent, s’aiment.

C’est drôle, c’est profond, c’est ludique, c’est violent, c’est tourné, surtout, vers l’amour.

pourquoi cette pièce au ntp ?

Mettre en scène ce texte à Fontaine-Guérin, avec cette troupe, m’apparaît comme une évidence. Nous avons peu eu l’occasion de présenter des textes aussi actuels. Mais même si la parole et l’action sont extrêmement contemporaines, ce sont des personnages et des situations proche d’une tragédie antique. Le thème est populaire, facile d’accès. Non intellectuel. Viscéral. Jouer Les Enivrés en plein-air sera aussi une esthétique choisit : le mariage de la terre avec un décor plus réaliste, l’affrontement esthétique d’un intérieur sous un ciel ouvert, l’apparent cloisonnement des scènes avec l’ouverture visuelle de l’espace.

intentionS de miSe en Scène

Il existe un état où tout s’éveille à l’intérieur de nous, chaque cellule de notre organisme. Où nous sommes réunis, réconciliés avec le monde et notre prochain. Le « moi » s’efface et, dans un complet oubli de soi, tout nous apparaît pleinement. Cet état d’ivresse ne maquille pas le monde, ne nous évade pas du réel mais le transfigure et fait apparaître ce qui est la vérité méconnue.

« Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ». (Baudelaire)

Pour donner à ressentir la vie ardente de ces exaltés dionysiaques, je rêve d’un art qui serait la jonction entre performance, théâtre, concert et spectacle de rue. Une forme qui surprenne le spectateur et le mette dans un état d’inconfort. Une forme qui accentue l’expérience commune entre spectateur et acteur. Où nous ne venons pas pour consommer tranquillement assis sur son fauteuil, pour regarder un tableau vivant, mais où l’on vient vivre et partager dans le corps. Cela fait donc peur car c’est un engagement aussi que je souhaite de la part du public. Comme quand nous allons à un concert, ou en boite de nuit pour danser…

Je travaillerai donc à plusieurs espaces scéniques disséminés dans le jardin. Des zones, chacune différentes, réinterrogeant le regard et la place du spectateur (frontal, bi-frontal, au milieu des spectateurs…) afin de faire entendre de manière viscérale toute la beauté et la férocité de ce texte.

L’enivrement devient le seul moyen de tenir debout dans un temps sans idéal.

––

L’auteur : ivan viripaev

Auteur, réalisateur, comédien et metteur en scène, Ivan Viripaev est né à Irkoutsk (Sibérie) en 1974. Il est l’un des dramaturges russes les plus marquants de sa génération.

Il commence à travailler comme comédien, mais c’est en 2000, avec son premier texte, Les Rêves qu’il apparaît pour la première fois à Moscou, dans un festival de théâtre documentaire.

Il participe à la fondation du « Teatr.doc », où sont créées ses deux pièces Oxygène (2003) et Genèse n°2 (2004). Il met en scène ses textes : Juillet (2009), Danse Delhi (2010), Comedia (2010), Illusions (2011), Ovni (2012)…

Insoutenablement longues étreintes (2014), et Solar line (2015), sont ses derniers textes en date. Ivan Viripaev est traduit et joué dans le monde entier.

 

 

Crédit photo : Thierry Cantalupo

 

Festival 2019

Xe Festival

 

Cher public, chers amis,

Dixième festival du Nouveau Théâtre Populaire à Fontaine-Guérin !
Comment fêter cet anniversaire ? Nous avons décidé d’incarner La Comédie humaine de Balzac – l’enfant de Touraine qui, à vingt ans, décide de consacrer sa vie à la littérature. Il écrira quatre-vingt quinze romans au cours de trente années de travail, avec le projet de dépeindre le grand bestiaire humain. Tout notre monde est dans La Comédie humaine : individualisme destructeur et amitiés indéfectibles, fuite en avant et soif de sens, dons absolus et dettes impossibles, haines farouches et passions amoureuses, ambitions démesurées et grands élans créateurs…
À notre tour, nous tenterons en six spectacles de tendre un miroir à notre société : trois grands romans, une biographie théâtrale, un jeune public adapté de Dickens (le Balzac anglais !), un bal en compagnie des personnages de La Comédie humaine avant chaque spectacle. Vingt acteurs, plus de cent personnages, trente représentations, une œuvre inépuisable… et vous !
Nous tenterons de faire de notre petit jardin le grand théâtre du monde.
Bienvenue !

La troupe du NTP

Etude du public

L’été dernier, nous avons demandé aux spectateurs de remplir des formulaires afin de réaliser une étude du public du NTP. Nous avons confié cette étude au bureau Gece, spécialisé dans le domaine culturel. Voici des extraits de l’étude :

Résumé des chiffres de fréquentation du NTP en 2017

61% du public sont des femmes

61% du public sont des femmes

Les deux tiers du public du Maine-et-Loire

Les deux tiers du public sont des habitants de la région

Les festivaliers sont des habitués

33% de nouveaux, 39% de ponctuels, 28% de fidèles

La troupe est la principale motivation pour venir


la duchesse de langeais /
balzac

tous les soirs, dès 19h30

apÉro-spectacle / entrÉe libre
cantine de martine en haut de la prairie

ADAPTATION Pauline Bolcatto et Sophie Guibard
MISE EN SCÈNE
 Pauline Bolcatto

COLLABORATION MUSICALE ET PIANO Sacha Todorov
CAMÉRA ET SON  Claire Sermonne, Paul Antony Mille et Arnaud Marten
COSTUMES Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Baptiste Chabauty : Montriveau
Morgane Nairaud : La duchesse de Langeais
Joseph Fourez : Ronquerolle
Fredéric Jessua : Balzac
Elsa Grzeszczak : Louise de Bargeton
Et tous les comédiens de la troupe

« Très Cher,
Nous ferez-vous l’honneur de venir pique-niquer avant le spectacle ?
L’auteur sera au jardin, avec la foule de la Comédie humaine et de quoi faire bonne chère.
Nous allons convoquer quelques cuisiniers pour l’occasion, lire des poèmes,
chanter, profiter comme il se doit du grand air, et laisser place à quelques
bordements pour qui voudra les voir. Les soirs où se perdront nos Illusions,
il 
y aura de l’Amour. Nous réunirons, le soir suivant, la faune mondaine pour
en observer les Splendeurs et les Misères. Et quand tout ne sera plus que Peau
de chagrin, il restera nos plus beaux fantômes. Venez, voyez, entendez ce que
vous voudrez, je vous espère et vous attends. Je resterai toujours vôtre,

Antoinette de Langeais »



crédit photo : Jean-Michel Delage

la peau de chagrin /
balzac

20, 23, 26, 29 août, 20h30

aussi en tournée des battages 27 juillet-11 août
et en tournée des vendanges 7-16 septembre

ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE Antoine Philippot
COLLABORATION ARTISTIQUE Christophe Rouger et Pierre Lebon

COSTUMES Manon Naudet
RÉGIE GÉNÉRALE Thomas Chrétien
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Léonie Lenain

DISTRIBUTION
Clovis Fouin : La Peau, Emile, Jonathas, un canard, Planchette, un médecin, un curiste, Le Jeune Homme
Elsa Grzeszczak : La Peau, Euphrasie, Rastignac, Le Notaire, Porriquet, Le Jardinier, Lavrille, un médecin, un curiste
Julien Romelard : Raphaël
Claire Sermonne : La Peau, Pauline, un canard, Spieghalter

Un antiquaire offre au jeune Raphaël un mystérieux morceau de cuir : cette peau, lui dit-il, exauce les vœux de son propriétaire, mais rétrécit un peu à chaque fois.
Sans trop y croire, Raphaël l’accepte…
Quand Balzac publie La Peau de chagrin, il n’est pas encore l’auteur de La Comédie humaine : pour l’instant, pour lui, pas grand-chose n’a marché.
Ici il ne cherche pas à donner le sens de la vie, mais à en prendre la mesure. Quelle quantité de vie a-t-on ? Et si nous le savions, qu’en ferions-nous ? Sur scène, quatre acteurs vous préparent une danse macabre, un feu de joie, un inquiétant banquet où cette peau de chagrin réduira sans rien perdre de son goût.