Festival 2022

Inauguration de la Maison du théâtre

 

Dix ans d’attente, quatre ans de travaux, deux ans de report à cause de la crise sanitaire : l’inauguration de la Maison du Théâtre aura enfin lieu le 14 mai prochain !

 

En présence des élus locaux, de l’association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire et de toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de ce beau projet, nous célébrerons l’ouverture officielle de la Maison du Théâtre :

Le samedi 14 mai à 11h, au 8, rue Célestine Garnier, 49250 Les Bois d’Anjou

A partir de 10h, vous pouvez visiter la maison avec un membre de la troupe : vous pouvez vous inscrire ici.

Création partagée 1789

 

Création partagée avec des comédiens et comédiennes non-professionnels.

Cet été, nous invitons des comédiens et comédiennes amateurs à participer à notre spectacle 1789 (d’après la pièce du Théâtre du Soleil). Pour cela, nous organisons une journée d’atelier, animée par Sacha (metteur en scène du spectacle) et Valentin (comédien)  :

• le samedi 26 mars, de 10h à 17h (prévoir un pique-nique pour le déjeuner) – à la salle de La Chapelle à Mazé (16 rue de Verdun)

Si vous souhaitez participer à ce spectacle, vous pouvez nous écrire un mail pour candidater (en précisant vos coordonnées et en y joignant une photo de vous). Aucune expérience de la scène n’est nécessaire.

 

Calendrier

Les répétitions de cette création auront lieu du 20 juillet au 12 août, à Fontaine-Guérin, la présence des comédiens et comédiennes amateurs sera requise aux dates suivantes :

• samedi 23 juillet, de 10h à 20h
• dimanche 24 juillet, de 10h à 20h
• samedi 30 juillet, de 10h à 20h
• dimanche 31 juillet, de 10h à 20h
• samedi 6 août, de 10h à 20h
• dimanche 7 août, de 10h à 20h
• mercredi 10 août, de 10h à 13h
• vendredi 12 août, de 15h à 22h30 (générale)

Les représentations auront lieu dans le cadre du Festival du Nouveau Théâtre Populaire, à Fontaine-Guérin :

• samedi 13 août à 20h30 (présence requise à partir de 15h)
• mardi 16 août à 20h30 (présence requise à partir de 18h)
• vendredi 19 août à 20h30 (présence requise à partir de 18h)
• lundi 22 août à 20h30 (présence requise à partir de 18h)
• jeudi 25 août à 20h30 (présence requise à partir de 18h)

 

1789 /
théâtre du soleil

13, 16, 19, 22 et 25 août à 20h30


MISE EN SCÈNE 
Sacha Todorov
COSTUMES Manon Naudet et Zoé Lenglare
RÉGIE GÉNÉRALE
 Thomas Chrétien et Marco Benigno 
ADMINISTRATION ET PRODUCTION
Lola Lucas assistée de Hugo Réauté

DISTRIBUTION

Valentin BoraudLoïc Riewer, Garance Robert de Massy, Claire Sermonne, Sacha Todorov, Charles Van de Vyver et un groupe d’amateurs.

 Synopsis

« Il était une fois, dans un pays que vous avez oublié… » Venez revivre l’année où la Révolution française a fait basculer l’histoire du monde, de ses premiers frémissements (les injustices de l’Ancien Régime, la convocation des Etats Généraux) jusqu’à ses coups d’éclat (le serment du jeu de Paume, la prise de la Bastille, l’abolition des privilèges) et ses zones d’ombres. Une histoire si célèbre qu’elle est mal connue, racontée par une troupe de bateleurs qui revendique sa curiosité pour le peuple — et pas seulement les héros célèbres.

 

Pourquoi cette pièce au nouveau théâtre populaire

1789 est une pièce légendaire : écrite et mise en scène par la troupe du Soleil d’Ariane Mnouchkine en 1970, dont elle fut l’un des plus grands succès, elle fut pourtant rarement montée depuis. La raison ? Peut-être est-elle trop associée à la troupe qui lui a donné naissance ; mais en choisissant de la mettre en scène, nous voulons précisément rendre hommage à celle-ci, et revendiquer l’inspiration qu’elle représente pour nous. Le Nouveau Théâtre Populaire partage en effet avec le Soleil le désir de défendre un théâtre de troupe, et qui soit populaire, convivial et festif.

Pour le NTP, c’est également l’occasion de renouer avec la pratique des spectacles « historiques », comme Le Jour de gloire est arrivé sur la ve République (2015) et La Fleur au fusil sur la Première Guerre mondiale (2017) ; pratique qui est l’occasion de redécouvrir et de partager avec les spectateurs ce qui fait notre histoire commune.

À cet égard, la période révolutionnaire est particulièrement passionnante, car elle est le creuset de tous les débats politiques qui nous agitent encore : équilibre entre liberté et égalité, lutte contre les privilèges de naissance ou de richesse, etc. Et 1789 est sur ce plan une pièce d’autant plus riche qu’elle s’arrête tôt dans le déroulement des évènements, à un moment où tous les possibles sont encore ouverts, où toutes les idées sont sur la table ; où l’Histoire n’a pas encore tranché. On échappe ainsi à la leçon d’histoire au profit d’une explosion de rêves et d’espoirs.

 

Intentions de mise en scène

1789 sera l’occasion de mettre à profit le jardin de la Maison du Théâtre du NTP, et de proposer un véritable théâtre environnemental : en plus du plateau Jean Vilar, plusieurs plateaux annexes, répartis dans tout l’espace, donneront à voir des scènes du spectacle de façon tantôt alternée, tantôt simultanée. Les spectateurs pourront circuler librement de l’une à l’autre, comme dans une foire.

Outre des membres de la troupe, le spectacle intégrera des acteurs amateurs de tous âges : cela à la fois pour pousser le plus loin possible notre logique de partage et de transmission du théâtre et, dans cette pièce qui accorde une telle importance au peuple, incarner celui-ci de la façon la plus large et la plus rassembleuse qui soit.

Le caractère historique des évènements racontés ne restreindra pas la mise en scène à un xviiie siècle de carte postale, et nous n’hésiterons pas, par exemple, à glisser quelques anachronismes dans les costumes ; ce sera une des façons de donner à sentir que la Révolution a des ramifications jusqu’à l’époque contemporaine, et qu’elle n’est, à certains égards, peut-être pas terminée.

Biographie des auteurs

Le Théâtre du Soleil est créé en 1964, sous l’impulsion de la metteuse en scène Ariane Mnouchkine. En 1970, son histoire bascule dans la légende : cette année-là, la troupe investit au bois de Vincennes une fabrique de poudres désaffectée (la Cartoucherie), fait tous les travaux nécessaires et ouvre un théâtre, qui prend le nom de la troupe : le Théâtre du Soleil. 1789 sera le premier spectacle qu’ils y présenteront dès cette année-là, et qui connaîtra un triomphe mondial. La pièce fut écrite de façon collective par tous les acteurs — écriture collective qu’ils pratiqueront souvent, et avec grand succès. De nombreux autres spectacles suivront, jusqu’à nos jours : Les Atrides, Sihanouk, Tambours sur la digue, Le Dernier Caravansérail… Pour la plupart, ils sont entrés au panthéon de l’histoire du théâtre.

 

Festival 2022

l’échange /
paul claudel

14, 17, 20, 23 et 26 août à 20h30


MISE EN SCÈNE 
Pauline Bolcatto
COSTUMES Manon Naudet et Zoé Lenglare
RÉGIE GÉNÉRALE
Thomas Chrétien et Marco Benigno
ADMINISTRATION ET PRODUCTION
Lola Lucas assistée de Hugo Réauté

DISTRIBUTION

Baptiste Chabauty, Elsa Grzeszczak, Ayoub Kallouchi, Morgane Nairaud

 

SYNOPSIS

L’Échange est l’histoire d’un chassé-croisé amoureux entre deux couples mariés qui se termine tragiquement. L’action se déroule sur la côte Ouest des États-Unis. Marthe et Louis Laine, le premier couple, sont de jeunes gens modestes. Louis, un métis d’origine indienne, a amené Marthe avec lui en Amérique, alors qu’elle n’avait « jamais connu que son pays » : un petit village de France. Ils vivent alors dans un domaine appartenant à Lechy Elbernon et Thomas Pollock : le deuxième couple. Lechy est actrice et Thomas, un brillant homme d’affaires. Louis, épris de liberté, trompe la sage Marthe avec Lechy. De son côté, Thomas Pollock tombe éperdument amoureux de Marthe. Profitant de l’absence des deux épouses, il convainc Louis, en lui présentant une liasse de dollars, de lui acheter sa jeune femme. Lorsque la double trahison est découverte par Marthe, Louis décide de la quitter, tout comme d’abandonner Lechy. L’Actrice, ivre de désespoir, incendie la maison de Thomas Pollock et fait assassiner Louis sur son cheval avant qu’il n’ait le temps de fuir.  

 

POURQUOI CETTE PIECE AU nouveau théâtre populaire ?

Lorsque nous parlons du Nouveau Théâtre Populaire, nous disons souvent : ce sont de grands poèmes dramatiques déclamés entre un cimetière, un clocher, la nature omniprésente et le ciel étoilé.

Cette scénographie naturelle crée une double relation avec le public : intime et métaphysique.

Si Claudel est aux Etats-Unis lorsqu’il écrit l’Échange, il garde bien à l’esprit son village natal. La description qu’il en fera à Jean Amrouche lors d’un long entretien radiophonique est à se méprendre avec celle de notre jardin de Fontaine-Guérin. Cet attachement au paysage, dont le jeune Claudel est nostalgique, apparaît tout au long de la pièce.

Il me fallait donc une scénographie très élémentaire : de la terre, de l’eau, un arbre, un ciel, et au loin, une construction humaine. Au Nouveau Théâtre Populaire le décor de l’auteur est déjà planté, et le spectateur y sera immergé. L’Échange est une pièce dont l’action se déroule de l’aube au coucher du soleil. La fable nous raconte une journée, dont les lumières jouent un rôle central sur l’atmosphère de chaque début d’acte. Je rêve de jouer pleinement avec cela dans le cadre de ma mise en scène. Le spectacle épousera, dans sa temporalité et dans sa relation à la lumière, l’environnement où il se joue. Lorsque nous commencerons à jouer à 20h30, les premières rosées du soir et les rayons orangés du soleil donneront l’illusion du matin, puis les lumières et leurs évolutions lentes épouseront parfaitement la fable de la pièce menant imperceptiblement mais irrémédiablement le spectateur à la nuit comme à la tragique scène finale du spectacle.

 

INTENTIONS DE MISE EN SCENE

Beaucoup d’œuvres claudéliennes peuvent être lues comme des Odes à la nature. C’est ce qui me touche profondément et que je souhaite défendre dans ma mise en scène. Dans L’Échange, les personnages la décrivent avec une stupeur et un émerveillement sans cesse renouvelés. Si cela confère à la pièce un caractère lyrique, il s’agit moins ici d’une question de pure esthétique pour le poète, que d’une relation concrète au monde ; il s’agit moins de forme que de fond. 

Chez Claudel la contemplation de la nature qui nous entoure est la preuve d’un miracle : celui de l’existence. 

Ainsi, le vers Claudélien porte en lui un élan et demande à l’acteur une telle puissance qu’il nécessite de dialoguer avec les grands espaces. Le texte opère constamment cette adresse à la vastitude :

« Justice ! Justice !

Je me tiens devant l’Univers et je le vois, et toutes choses subsistent par la justice»

dit Marthe implorant son destin ; ou encore :

« Je vais ouvrir la bouche toute grande vers la lune pour me refroidir.»

dit Lechy à l’Acte III.

Éloges de la foi, les œuvres de Claudel y trouvent un pays, une paix, un sens, elles y cherchent un apaisement, et pourtant tout dans cette écriture n’est que le témoignage d’un étonnement devant la puissance et la nécessité de la pulsion charnelle. Il a inventé une nouvelle grammaire poétique, un vers libre qui offre aux acteurs un souffle unique, une pensée ponctuée « de l’intervention du néant » comme il le nommera lui-même. Nous ferons un travail précis sur la diction du vers claudélien. Paul Claudel est aussi un personnage bourru, très contesté pour ses positions réactionnaires. Ma mise en scène, en prenant la liberté d’insérer au spectacle d’autres textes, répondra ainsi à l’auteur et à ses positions d’un autre temps, tout en y défendant sa force, sa générosité, sa fougue, et la subversion de sa langue poétique. 

 

BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

Paul Claudel est tout à la fois écrivain, poète, dramaturge, diplomate français et membre de l’Académie française. Il est né à Villeneuve-sur-Fère en France le 6 août 1868.  Issu d’une famille de petite bourgeoisie, il est le frère de Camille Claudel, la célèbre sculptrice. Sa vie sera ponctuée de deux grands chocs poétiques et mystiques qui marqueront à jamais son œuvre : la découverte de l’écriture d’Arthur Rimbaud, et la révélation de sa foi catholique en 1886. Il sort premier au concours des Affaires étrangères en 1893, et commence une carrière diplomatique. Il ne cessera dès lors d’écrire et de voyager : De New York à Shanghai, en passant par Rio de Janeiro, Copenhague, Bruxelles (il y termine sa carrière diplomatique en 1936). Toute sa vie il a aussi écrit non moins de 22 pièces de théâtre, 21 essais, 14 recueils de poésie, et une abondante correspondance. Parmi ses pièces les plus connues on trouve : Tête d’Or, Partage de Midi – une pièce inspirée par sa rencontre avec Rosalie Ścibor-Rylskade, une femme mariée,  avec qui il aura une liaison et une enfant cachée – l’Annonce faite à Marie, Le soulier de Satin, et L’Échange.

 

Festival 2022

Les lectures

 

Pour annoncer la XIVe édition du Festival qui aura lieu à l’été 2022, nous proposons cinq lectures pour découvrir nos cinq créations, en partenariat avec les bibliothèques de Beaufort, Mazé et La Ménitré :

 

Claudel, son œuvre, sa vie

mardi 12 octobre à 20h
Médiathèque La bulle à Mazé

De Tête d’Or, au Partage de Midi, le poème dévoile, en filigrane, une biographie de son auteur : Paul Claudel !

 

2001 l’Odyssée de l’Espace

MARdI 16 novembre à 20h30
Bibliothèque de Beaufort

Un moment consacré au chef d’œuvre Stanley Kubrick : musique, textes, son et échanges avec le public. Un temps sensoriel, futuriste et… politique.


Autour d’Elie Salleron, jeune auteur de cet été

mercredi 23 février à 20h30
Bibliothèque de Beaufort

Explorons avec truculence l’univers joyeux et déjanté d’Elie Salleron, jeune auteur qui écrira pour nous cet été, à travers ses textes et tout ce qui l’inspire !


La Reine des Neiges

mercredi 23 mars à 16h30
Espace culturel de La Ménitré

Libérée, délivrée… Oubliez la fameuse adaptation américaine, et venez découvrir ce conte méconnu d’Andersen.


1789

mercredi 27 avril à 20h30
Maison du Théâtre à Fontaine-Guérin

La Révolution comme vous ne l’avez jamais vue ! Venez entendre le récit de la prise de la Bastille de la bouche de ceux qui l’ont vécue.

 

Entrée libre / Informations : Service culturel de Beaufort-en-Anjou 02 41 79 36 12 –

soleil déréglé /
salleron

15, 18, 21, 24 et 27 août à 20h30


TEXTE 
Elie Salleron
MISE EN SCÈNE 
Elsa Grzeszczak
COSTUMES Manon Naudet et Zoé Lenglare
CREATION SONORE Baudouin Rencurel
RÉGIE GÉNÉRALE
 Thomas Chrétien et Marco Benigno
ADMINISTRATION ET PRODUCTION
Lola Lucas assistée de Hugo Réauté

DISTRIBUTION

Pauline Bolcatto, Valentin Boraud, Baptiste Chabauty, Anthony Courret, Elsa Grzeszczak, Ayoub Kallouchi, Morgane Nairaud, Loïc Riewer, Garance Robert de Massy, Claire Sermonne, Charles Van de Vyver

 

Synopsis

Le chômeur et alcoolique Casimir Lemoine est visité un soir par Gilles Bouleau, présentateur du 20h de TF1, qui lui annonce qu’un super calculateur informatique l’a désigné comme le prochain président de la république. Il se réveille le lendemain dans un hôpital psychiatrique, là où trois soignants lui diagnostiquent sont délire aigu – fruit d’obsessions fantasmagoriques, du déclassement social, de la consommation d’alcool – avant de s’entretuer dans l’ambiance du délitement de l’hôpital public. Casimir s’échappe à l’aide d’un infirmier qui a préféré incendier le bâtiment (par sagesse) et qui l’emmène à Paris.

Casimir est-il fou ? Les français sont-ils en proie aux stupéfiants ? Ces quelques ambiguïtés justifient aux yeux de l’auteur un périple déglingué et Jeanne d’arcquien, guidé par les rayons de la démence, de la toute-puissance algorithmique et du formidable élan de la catastrophe nationale. 

Pourquoi cette pièce au nouveau théâtre populaire ? 

Parce qu’Elie Salleron est un auteur comique, vivant qui écrira pour notre troupe. Trois raisons essentielles auxquelles s’ajoute celle-ci : son théâtre me bouleverse au sens où il n’apporte aucune réponse à notre soif de« consolation » mais, bien au contraire, nous tient en éveil dans une forme de joie inquiète face au gouffre que sont nos vies. Faire cette pièce avec le Nouveau Théâtre Populaire, c’est oser rajouter des questions aux questions et des problèmes aux problèmes, en faisant bouger les repères de nos questionnements existentiels avec radicalité et scandale !

Pour moi, il est important de proposer à un auteur vivant de notre génération d’écrire pour nous et aussi pour un public qui a priori n’a pas l’habitude d’aller au théâtre. Pas tant parce qu’il fera un « théâtre d’actualité » mais parce qu’il s’agrippe au réel avec une rage acide, et une provocation qui rend caduque toute tentative de jugement moral en n’oubliant jamais pour qui il écrit. C’est avec la troupe du NTP, que j’ai envie de monter cette pièce car que cela fait des années que nous travaillons ensemble et que le théâtre d’Elie Salleron ne laisse pas tranquille. Nous ne pouvons plonger dans la folie, aussi galvanisante soit elle, qu’avec des personnes auxquelles on fait une absolue confiance. Et la troupe du Nouveau Théâtre Populaire est de celle-ci. 

Intentions de mise en scène

J’aimerais travailler sur la construction d’archétypes caricaturaux dans le traitement des différentes lignes de force que va tirer cette pièce : dans le traitement esthétique allant de la scénographie aux costumes, et dans la direction du jeu des acteurs. L’univers psychiatrique de la pièce répondra à des références stéréotypées que la plupart d’entre nous possédons et les « agresseurs » étrangers camperont les figures des « méchants », sans subtilité ni réserve. Je souhaite construire une esthétique très marquée qui s’inspirera de la bouffonnerie et du clown. Cet univers du calage, où l’excès sera la norme, portera l’idiotie comme unique grille de lecture. L’idiotie au sens étymologique du terme, venant « d’idiotès » : simple, non doublable. Il n’y aura rien à « comprendre » de plus que ce qui est montré. Audacieux fi, peut être un des plus grands, aplatir tout rapport « d’intelligence » face à ce qui est vu et entendu. Cela se réalisera dans un carnaval bordant de joie et une exubérance séquilibrante, où chacun se retrouvera face à son propre jugement car on ne lui exposera nullement ce qu’il doit penser et « sur quel pied danser ». Seul face aux acteurs, aux étoiles, et à son rire. 

Elie Salleron

Elie Salleron est comédien, auteur et metteur en scène depuis 2010. Il est formé au théâtre par Nâzim Boudjenah au Théâtre du Lion Vert, puis au cours Simon par Cyril Jarousseau, puis au cours d’Arnaud carsin. Il est formé au clown et au masque neutre par Victor Quezada-Perez. Au théâtre il a notamment joué sous la direction de Nâzim Boudjenah, Victor Quezada-Perez, Benoit Guibert, Marie Benati. Au cinéma il a joué notamment sous la direction de Laurent Rochette et Souliman Schelfout. En 2011, il fonde la compagnie Rascar Capac, avec laquelle il écrit et met en scène ses spectacles. Il est à ce jour auteur d’une vingtaine de textes de théâtre.

Festival 2022

2001, l’odyssée de l’espace / kubrick

16, 18, 20, 22, 24 et 26 août à 11h

D’après le film 2001, l’odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, et le roman d’Arthur C. Clarke
ADAPTATION et MISE EN SCÈNE Frédéric Jessua
COSTUMES Manon Naudet
CREATION SONORE Baudouin Rencurel
RÉGIE GÉNÉRALE
 Thomas Chrétien et Marco Benigno
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Hugo Réauté

DISTRIBUTION
Pauline Bolcatto, Baptiste Chabauty, Anthony Courret, Morgane Nairaud

 

synopsis

De l’aube de l’humanité à une mission dans l’espace en 2001, ou le parcours d’un mystérieux monolithe noir, forme d’intelligence extra-terrestre se manifestant par l’émission d’ondes sonores, qui confère aux ancêtres de l’homme (des australopithèques) des pouvoirs nouveaux, puis entraîne l’homme, devenu moderne, dans un voyage interstellaire à la périphérie de Jupiter, lui révélant ainsi le caractère éternel de la vie humaine.

pourquoi adapter ce film au ntp ?

La première fois que j’ai vu 2001, l’Odyssée de l’Espace, je crois que je n’ai rien compris, j’avais 8 ans, je m’en souviens encore ; la seconde fois, j’ai su que je n’avais rien compris, j’en avais 15 ; la troisième, j’ai compris que je n’y comprendrais jamais rien, j’en avais 20 ; et depuis (à raison d’une projection tous les 5 ans), j’ai fini par comprendre qu’il ne fallait pas chercher à comprendre, qu’il valait mieux se laisser faire un peu, que c’était comme la vie, que tout était donné, qu’on en faisait ce qu’on voulait comme on pouvait, en s’émerveillant… le plus possible.

Fort de ces impressions, je veux donc proposer pour les enfants et leurs parents une adaptation scénique du film de Stanley Kubrick. J’ai grandi avec lui ; ça été le point de départ, je le sais maintenant, de mon aventure avec le cinéma. J’ai aujourd’hui envie de lui faire rencontrer le théâtre, en me concentrant sur les antagonismes avec lesquels nous nous débattons (tout ce dont le film parle à mon avis) : la présence ou non d’une autre forme de vie dans l’univers, la connexion possible entre le futur et le passé, la cohabitation forcée entre la technologie et l’humain, la présence de l’espace infiniment grand et dérisoire qui nous entoure, et celle de nos vies infiniment petites et importantes, l’antagonisme des instincts animaux et intellectuels, l’intrication de l’amour et de la violence…La base de mon travail sera constituée de deux matériaux principaux : le roman d’Arthur C. Clarke (écrit simultanément au scénario du film) et le film de Kubrick lui-même.

note du metteur en scène

Peu importe ce qu’on retient du sens de ce film (et chacun doit avoir le sien), on ne peut qu’être touché par la portée universelle de son contenu, parce que contrairement à l’idée (souvent préconçue) qui circule, l’histoire est très simple ; Kubrick s’est simplement amusé à la compliquer par le truchement du traitement cinématographique ; il n’est jamais didactique, et place le spectateur dans un état d’éveil permanent. Ce qui est encore plus surprenant, et je ne sais si cela était intentionnel de sa part, mais Kubrick a finalement conféré au spectateur une position de complice à sa création, chacun cherchant le « truc » ou l’artifice qui a conduit à ses scènes inoubliables. 2001 est véritablement un jouet pour le spectateur ; visuel, sensoriel et intellectuel.

Dans cette optique je veux proposer un spectacle qui se déroule sur plusieurs espaces du site du NTP : la salle de travail nouvellement aménagée à l’occasion de l’ouverture de la Maison du Théâtre, une des deux scènes nouvellement construites en 2019 et un lieu encore à créer. Je voudrais que le (jeune spectateur) découvre ce qu’est un spectacle déambulatoire et suive l’aventure humaine présente dans l’oeuvre de Kubrick. Je voudrais aussi qu’un échange soit créé entre parents et enfants à la sortie du spectacle, en proposant un traitement différent de certaines parties du spectacle selon l’âge du public. Le son sera bien évidemment présent, qu’il soit enregistré ou joué par les acteurs, la grange permettra d’avoir recours à la projection d’images, enregistrées ou filmées en direct.
Au final, il s’agira, en moins d’une heure, d’évoquer la préhistoire, le passage de l’outil au vaisseau spatial, la manière de retrouver notre humanité face à un ordinateur récalcitrant, et de rendre concret le voyage à la vitesse de la lumière.

Frédéric Jessua

––

L’Auteur du roman : Arthur c. Clarke

Arthur Charles Clarke, ou Arthur C. Clarke, né le 16 décembre 1917 à Minehead dans le Somerset (Angleterre) et mort le 19 mars 2008 (à 90 ans) à Colombo (Sri Lanka), est un écrivain de science-fiction, écrivain scientifique, futurologue, présentateur télé, explorateur sous-marin et inventeur britannique. Il a utilisé des pseudonymes comme Charles Willis et E.G. O’Brien. Il fait partie, avec Isaac Asimov et Robert A. Heinlein, des « Trois Grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise.

Stanley Kubrick, réalisateur de 2001, l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick est un réalisateur, photographe, scénariste et producteur américain né en 1928 à Manhattan et mort en 1999 dans son manoir de Childwickbury (nord de Londres). Après des débuts dans la photographie, Kubrick, autodidacte, sera également son propre directeur de la photographie, producteur, scénariste ou encore monteur. Ses treize longs métrages en quarante-six ans de carrière l’imposent comme l’un des cinéastes majeurs du XXe siècle.

 

 

Festival 2022

la reine des neiges

17, 19, 21, 23, 25, 27 août à 11h

En tournée des battages les 21, 22, 23, 24 et 30 juillet

(détail ici)

D’après le conte d’Andersen
ADAPTATION, MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE Thomas Chrétien
COSTUMES Zoé Lenglare
CRÉATION SONORE Baudouin Rencurel
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Lola Lucas assistée de Hugo Réauté

DISTRIBUTION
Valentin Boraud, Elsa Grzeszczak, Claire Sermonne

 

synopsis

Key, un jeune garçon innocent, reçoit dans le cœur et dans l’œil deux éclats d’un miroir ensorcelé. Il change alors de comportement, devient dur et indifférent, au point de dénigrer sa petite amie Gerda.
Jusqu’au jour où il disparaît, emporté dans le grand nord par la Reine des Neiges. Gerda décide alors d’aller le chercher jusqu’au château où il est retenu. Dans sa quête, elle rencontre de nombreux personnages, dont la petite fille des brigands, des corneilles qui parlent et une magicienne avec un jardin fantastique.
Après un combat final héroïque contre une armée de flocons de neige, Gerda retrouve Key. Ses larmes de joie, chaudes et pleines d’amour, font dégeler le cœur du jeune garçon et emportent avec elles les éclats du miroir maléfique. Ainsi libéré, délivré de tout sortilège, Key peut rentrer chez lui avec Gerda « dans un délicieux printemps verdoyant et fleuri ».

pourquoi cette pièce au nouveau théâtre populaire ?

Depuis le film de Disney sorti en 2013, La Reine des Neiges est sans doute une des héroïnes les plus populaires auprès des enfants. Raconter son histoire sur la scène du Nouveau Théâtre Populaire, dans le cadre d’une programmation autour du cinéma, me semble donc tout à fait pertinent.
Mais de quelle histoire parle-t-on ? L’immense succès cinématographique et commercial de Disney a totalement éclipsé le conte original. Ecrit en 1844 par le célèbre auteur danois Hans Christian Andersen, ce récit fantastique est en passe d’être oublié, remplacé dans l’imaginaire collectif par la très libre adaptation américaine.
C’est ce conte méconnu que je souhaite présenter aux enfants et à leurs parents afin qu’ils (re)découvrent la véritable histoire d’Andersen : histoire d’un jeune garçon qui, touché par une terrible malédiction, a perdu son âme d’enfant ; histoire d’une jeune fille qui, triomphant de tout les obstacles et de tout les dangers, va libérer son ami ensorcelé ; histoire, où l’amour et le courage, l’innocence et la foi, permettent à deux enfants de grandir.
Il me tient à cœur de raconter cette histoire : d’abord parce qu’elle parle magnifiquement d’un changement de comportement inexpliqué, en l’occurrence celui d’un petit garçon au passage de l’adolescence ; ensuite parce qu’elle met en scène une héroïne courageuse et déterminée, ce qui n’est pas courant dans les contes pour enfants ; enfin parce que c’est un voyage lumineux et plein d’espoir où l’amour, l’amitié, la générosité et le courage triomphent de tout les obstacles.

note du metteur en scène

Ma volonté première sera donc de suivre le récit original. Sous-titré « conte en sept histoires » par Andersen, le périple de Gerda jusqu’au palais de la Reine des Neiges est une succession d’épisodes à travers un monde fantastique et dangereux. C’est un long voyage entrecoupé de rencontres qui vont chacune aider l’héroïne dans sa progression.
Le spectacle suivra cet enchainement de séquences, alternant « scènes de voyage », visuelles et musicales, et « scènes de récit », jouées et dialoguées.
J’aimerais profiter des « scènes de voyage » intercalées entre les différentes étapes des aventures de Gerda, pour faire intervenir Key depuis sa prison de glace.

A la différence du conte, j’aimerai donner beaucoup plus de place au jeune garçon. Il sera donc toujours présent, soit joué par un acteur, soit représenté par une voix enregistrée ou un visage sur un écran de télévision. Avec l’idée que la technique, image et son, symbolise le monde froid et désincarné de la Reine des Neiges.
A l’inverse, dans les « scènes de récit » consacrées aux aventures de Gerda, j’aimerai rester dans une forme simple, un théâtre relativement pauvre fait d’accessoires et de bouts de ficelles, qui ne cache pas ses artifices, et se fait avec la complicité et l’imagination des spectateurs : les coulisses seront à vu sur le plateau, les acteurs passeront d’un personnage à l’autre grâce à quelques éléments de costumes, et les lieux traversés seront évoqués par de simples accessoires.
Nous suivrons ainsi les parcours de Gerda et de Key en parallèle, dans une succession de séquences, entre récit d’aventure et voyage intérieur, entre la liberté folle d’un théâtre artisanal affirmé et la rigueur formelle d’éléments techniques froids et figés.

Thomas Chrétien

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Andersen

Hans Christian Andersen, romancier, conteur et poète danois, est né en avril 1805 d’une famille modeste d’Odense. Dès 1832, lors de ses premiers voyages à travers l’Europe, il commence la rédaction des contes qui feront sa renommé, parmi lesquelles on peut citer La Petite sirène, Le Vilain petit canard, La Petite fille aux allumettes, ou encore La Reine des neiges. Ils seront publiés jusqu’à sa mort, en août 1875.

 

 

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