09 Sep Le Tartuffe
Le Tartuffe
Molière
Création 2021, nouvelle tournée en 2026/2027 et 2027/2028
DUREE : 1h50
Tout public (conseillé à partir de 14 ans)
MISE EN SCENE Léo Cohen-Paperman
SCENOGRAPHIE Anne-Sophie Grac
CRÉATION LUMIERE Thomas Chrétien
CRÉATION SONORE : Lucas Lelièvre assisté de Baudouin Rencurel
CRÉATION COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
MAQUILLAGE ET COIFFURES Pauline Bry-Martin
ACCESSOIRES Pierre Lebon
REGIE GENERALE Marco Benigno en alternance avec Théo le Menthéour
COLLABORATION ARTISTIQUE Lola Lucas
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Marie Mouillard
COMMUNICATION Mathilde Chêne
DISTRIBUTION
Pauline Bolcatto, Julien Campani, Philippe Canales, Emilien Diard-Detœuf, Clovis Fouin, Joseph Fourez en alternance avec Charlotte Van Bervesselès, Elsa Grzeszczak, Eric Herson-Macarel, Lazare Herson-Macarel en alternance avec Loïc Riewer, Frédéric Jessua, Julien Romelard en alternance avec Apolline Tallieu, Claire Sermonne
© Vahid Amanpour
Avec le soutien de l’Adami
Avec le soutien des Tréteaux de France-CDN
Avec l’aide à la création de la Région Pays-de-la-Loire
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Le Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie. Molière en a écrit trois versions successives afin de déjouer les pressions dont la pièce faisait l’objet. Nous jouerons celle de 1667, sous-titrée L’Imposteur, et qui fait intervenir la figure du Roi comme l’exécuteur humain de la Justice divine.
La fable
Tartuffe, en singeant la dévotion, a conquis les cœurs des maîtres de la maison, Mme Pernelle et Orgon. Ce dernier lui propose d’épouser sa fille, Mariane, et de devenir son héritier à la place de ses enfants. Mais le simulacre a ses limites, et Tartuffe est démasqué alors qu’il tente de séduire Elmire, la femme d’Orgon. Celui-ci, comprenant sa méprise, décide de chasser l’imposteur de sa maison et de rétablir ses enfants dans leurs droits. Tartuffe va alors dénoncer son bienfaiteur au Roi, en se servant de papiers compromettants qu’Orgon lui a remis. Mais, retournement final, Louis XIV a conservé son affection à celui qui l’avait jadis bien servi lors de la Fronde. Il lui pardonne et c’est Tartuffe qui est arrêté.
Le ciel
Le Tartuffe est une comédie. Je veux, pour assumer ce genre, des silhouettes dessinées et un rythme allegro. Car la comédie, c’est d’abord de la mécanique plaquée sur du vivant. Le rire vient réintroduire de la vie là où la vie est morte, là où l’individu s’estompe pour devenir seulement un dogme, un intégrisme ou un lieu commun (incarnés par Orgon et Madame Pernelle).
Point final de cette comédie : à la fin de la pièce, Louis XIV et son pouvoir autoritaire sauvent Orgon. C’est, paradoxe insoluble, le pouvoir autoritaire de Louis XIV qui sauve Orgon et sa famille de la machination de Tartuffe, comme c’est le pouvoir autoritaire de Louis XIV qui a permis à Molière de jouer sa pièce contre les dévots de la Compagnie du Saint-Sacrement. La pièce pose implicitement la question des rapports entre un pouvoir vertical et un artiste qui veut « corriger les mœurs en riant ». Que faire de cela, à une époque où les tentations autoritaires reviennent sous de nouvelles formes ? Si Le Tartuffe questionne notre présent, il reste inactuel. Jouer les alexandrins de Molière, c’est consentir à un écartèlement et à une tension (entre le respect rigoureux de la forme et la volonté de « parler », et donc entre la langue du XVIIe siècle et les corps du XXIe). Parce que cette tension met en scène, à l’époque de Pornhub, des femmes et des hommes « qui s’empêchent ». Il y a, dans la langue de Molière, quelque chose qui interdit à la pulsion de se libérer complètement et, par un paradoxe délicieux, nous rappelle à nos désirs enfouis. C’est pour cette raison que je ne chercherai pas l’actualisation moderne dans ma mise en scène du Tartuffe. Les costumes seront d’époque, et nous jouirons de leurs contraintes physiques.
Mon défi sera plutôt de rapprocher – au sens littéral, mais pas seulement les yeux et les oreilles des spectateurs des corps contraints mais désirants des acteurs. C’est la raison pour laquelle le public encerclera les acteurs, pour que derrière la rigueur classique sourde la sensualité du théâtre.
Léo Cohen-Paperman