ADAPTATION ET MISE EN SCÈNEFrédéric Jessua RÉGIE GÉNÉRALE Marco Benigno et Lucas Soudi COSTUMESZoé Lenglare et Manon Naudet ADMINISTRATION ET PRODUCTION Marie Mouillard ACTIONS CULTURELLES ET TERRITORIALES Mathilde Chêne STAGE COMMUNICATION Carla Lebeau
“Nous naissons tous originaux : nous plairions tous par cette originalité même si nous ne nous donnions des peines infinies pour devenir copies et fades copies.” Copi.
Au cœur de la nuit, dans un théâtre parisien, un auteur, une actrice et une marionnette de rat, sous le regard de leur régisseur, répètent une pièce. C’est une émission de radio à destination de populations interstellaires. Nous sommes à une semaine de la première. La tension est à son comble : l’auteur doute du jeu de sa comédienne, la comédienne remet en question le texte et le régisseur s’inquiète de la complexité du spectacle. Dans les coulisses, on entend le bruit envahissant de l’aspirateur de Madame Lucienne, la femme de ménage du théâtre. On lui demande de cesser son activité. Mais, madame Lucienne ne répond pas. On interrompt la répétition, on la cherche… Mon Dieu ! Madame Lucienne a disparu !
La Nuit de Madame Lucienne est sortie de l’imaginaire l’auteur franco-argentin Copi (1939-1987) ; elle a été composée en 1985 et créée au Festival d’Avignon de cette même année. Elle se déroule en temps réel ; c’est une sorte de poupée russe à la sauce franco-argentine, doublée d’une intrigue policière, où le méta théâtre est lui-même le méta d’un autre théâtre qui, évidemment se frotte à la réalité.
J’aime l’univers de Copi, sa folie, son absurdité, sa vitalité, sa nécessité, et, dans le cas qui nous intéresse, celui de « La nuit de madame Lucienne », je me rends compte que je suis surtout amoureux de son amour du théâtre. Pièce de genre s’il en est, ce travail sur cette œuvre est aussi pour moi, l’occasion de retrouver les années de ma prime jeunesse c’est à dire le milieu des années 80 : ça transpire la politique importante, (car bien évidemment le monde va changer), la Peugeot 205 et la Renault Super 5, les brûlures des premières cigarettes sur les fauteuils arrières.
Il me plaît de penser le plateau Jean Vilar de Fontaine-Guérin, comme celui d’un vieux théâtre à l’italienne en lumière de services, parfumé par l’odeur du tabac froid, la table de mise en scène parsemée de tasses remplies de café passé ou de whisky bon marché, le plateau jonché de costumes en vrac, et puis, les premiers chants d’oiseaux, qui viennent nous rappeler que la nuit a été décidément bien blanche.
La pièce commence donc par la répétition d’une pièce et s’achève par un coup de feu ; entre les deux, on pinaille, on se déchire, on rit, on se fait peur, on ne veut plus faire de théâtre et puis on recommence, parce que, décidément, on ne peut plus faire autrement.
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNEElsa Grzeszczak ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE RÉGIE GÉNÉRALE Marco Benigno et Lucas Soudi COSTUMESZoé Lenglare et Manon Naudet ADMINISTRATION ET PRODUCTION Marie Mouillard PRODUCTION Lola Lucas CHARGÉE DES ACTIONS SUR LE TERRITOIRE Mathilde Chêne STAGE COMMUNICATION Carla Lebeau
Le mythe de Frankenstein touche profondément à la peur de l’Autre. L’histoire a comme point de départ la volonté tenace d’un jeune homme, Victor Frankenstein, de résoudre l’un des plus grands mystères de l’existence : l’origine de la vie. De cette volonté de se substituer à l’ordre naturel des choses va naître une créature dont il n’avait pas anticipé l’étrangeté : un monstre est né.
Le monstre, c’est l’Autre. Celui que l’on juge sans le connaître, ni essayer de le comprendre. La créature que crée Frankenstein n’a pas de nom,comme la peur au contour flou qui l’entoure. À sa naissance, la créature ne cherche qu’à aimer et être aimée ; mais le rejet qu’elle subit provoque en elle une rage immense. La violence contre elle va engendrer sa violence contre le monde.
J’ai compris très tôt que le théâtre pouvait m’aider à apprivoiser mes peurs. Il m’a permis de les transformer en force, et de mieux en comprendre l’origine. Je trouve que les enfants évoluent dans un monde où la peur de l’étranger devient de plus en plus grandissante, de par les images qui les entourent et certains discours politiques. J’aimerais que ce spectacle les interroge et nous interroge sur notre jugement face à l’altérité et face à ce qui ne nous ressemble pas « en apparence ». Quelle est cette peur de l’autre, et d’où vient-elle ?
Enfin, dans cette adaptation, j’ai souhaité faire de l’inventeur une inventrice. J’ai eu envie d’interroger la place trop souvent passive assignée aux personnages féminins dans les histoires pour enfants, même si bien heureusement cette place évolue actuellement. Je pense qu’il est important aujourd’hui de se raconter d’autres histoires où les petites filles peuvent être fortes, indépendantes, courageuses et drôles. Des histoires où elles sont les héroïnes de nos mythologies futures, car ces mythologies sont le socle de nos élans vers l’avenir.
Alors qu’elle s’apprête à faire une couronne de marguerites, Alice aperçoit un lapin blanc vêtu d’un gilet. Elle s’élance à sa poursuite et tombe dans un terrier profond. Commencent alors toutes ses aventures.
Au Nouveau Théâtre Populaire nous sommes comme Alice dans la chaleur de l’été. Nous sommes acteurs et spectateurs d’épopées extraordinaires. Nos rêves naissent sur ce décor de notre réalité : un plateau de bois, le soleil, les étoiles et la forêt. Avec la nature, l’atmosphère, les êtres, les éléments qui nous entourent, nous formons un monde qui naît de nos rêves. Comme les enfants qui voyagent avec ce qui est à portée de leur main.
Alors voilà Alice, et le pays merveilleux né de sa rêverie dans cet après-midi d’été.
Une nouvelle grande aventure qui surgit de notre rêve.
Pourquoi monter cette pièce au Nouveau Théâtre Populaire ?
“Eh bien, maintenant si tu crois en moi, je croirai en toi” Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll
C’est bien sûr un conte initiatique plus qu’un simple récit. Chaque rencontre d’Alice avec des personnages est un examen qu’elle passe et dont elle doit sortir victorieuse pour avoir le droit de poursuivre. Et chaque rencontre est un affrontement avec le langage : jeux de mots, locution, poème, parodie qui transforme le texte… Le langage devient un matériau malléable libre, un champ (chant ?) d’inspiration pour le théâtre.
Comment être dans ce monde qui nous pousse à aller de plus en plus vite ? Ce monde dans lequel le temps fuit ? Dans ce monde qui nous demande d’être efficace, rentable, concentré ?
Et si Alice était l’éloge de la déconcentration, de la contemplation ? Alice nous enseigne, nous embarque à faire de la vie, une aventure, une aventure grotesque, une aventure folle… Rêver sa vie en se métamorphosant, en se trompant, en jouant… La contemplation est à contre-temps du rythme d’une vie imposée par une “dictature” du réel. Ce lapin qui tient le temps après lequel elle court n’est seulement (et c’est très décevant) qu’au service d’une Reine tyrannique et absurde.
Seuls les enfants et les artistes (et peut-être aussi les grands chercheurs) savent que rien n’est impossible, et que la réalité n’est pas forcément celle qu’on croit. Que l’impossible est ce que nous ne comprenons pas encore. L’humanité en a l’intuition puisqu’elle continue à se raconter des histoires…
Au Nouveau Théâtre Populaire nous sommes comme Alice dans la chaleur de l’été. Nous sommes acteurs et spectateurs d’épopées extraordinaires. Nos rêves naissent sur ce décor de notre réalité, un plateau de bois, le soleil, les étoiles et la forêt. Avec la nature, l’atmosphère, les êtres, les éléments qui nous entourent, nous formons un monde qui naît de nos rêves. Comme les enfants qui voyagent avec ce qui est à portée de leur main. Alors voilà Alice, et son pays merveilleux né de sa rêverie dans cet après midi chaud d’été. Une nouvelle grande aventure qui surgit de mon rêve.
COPRODUCTION Le Quai – CDN d’Angers, La Criée – CDN de Marseille, Le Théâtre de Caen, CENTQUATRE-PARIS, Association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire (recherche de partenaires en cours)
Avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium à Paris (résidence de création)
Synopsis
Paris, 1821. Encouragé par Madame de Bargeton, Lucien monte à la capitale pour embrasser une carrière de poète. Mais le chemin vers la gloire se révèle semé d’embûches.
À Paris, Lucien rencontrera la cruauté mondaine etle cynisme politique. Parviendra-t-il à la renommée en construisant une œuvre immortelle à force de travail etde souffrances ? Cédera-t-il aux sirènes du journalisme et de l’argent facile ? Déjouera-t-il les complots dont il est l’objet ?
Comédie politique et drame sur l’ambition, Illusions perdues raconte, dans un décor spectaculaire, les aventures de Lucien à Paris.
Pourquoi monter cette pièce au Nouveau Théâtre Populaire ?
« Je vois la poésie dans un bourbier. » Illusions Perdues, Balzac
Un grand homme de province à Paris, suite immédiate des Deux poètes, raconte les gloires et la déchéance de Lucien de Rubempré à Paris : de poète idéaliste, il deviendra romancier historique. De romancier, journaliste corrompu. De journaliste, chansonnier misérable pour offrir un enterrement à sa maîtresse. Exemple sans pareil de déchéance sociale due à un désir sans pareil de briller dans le monde, Lucien fascine, comme un miroir étrange — un miroir qui renverrait une image obscure, équivoque, assombrie de soi-même. Illusions Perdues n’est pas seulement un chef d’œuvre, c’est aussi un viatique intime qui m’accompagne depuis que j’ai vingt ans. À l’époque, je me demandais, inquiet : “Comment peut-il se renier ainsi ?” La question était aussitôt suivie de son double négatif : “Comment ne pas se renier ainsi ?” Sur ces deux points, l’existence répond avec sa complexité et ses contradictions, mais le parcours de Lucien demeure une boussole qui aide à trouver son chemin dans le labyrinthe d’une carrière et d’une vie.
Dans sa préface aux Illusions perdues, dédiée à Victor Hugo, Balzac formule un projet politique autant que littéraire : tirer le portrait de celles et ceux qui, à force de faire et de défaire la mode et les réputations, supportent mal leur propre contestation. Pour Balzac, les journalistes ont pris le pouvoir des princes, sans violence et sans prévenir, insidieusement. Impossible d’écrire, de jouer ou d’inventer sans leur aval. Mais, semble s’interroger l’auteur de La Comédie humaine, qui fait la critique des critiques ? Il y aurait pourtant beaucoup à dire : médiocrité, corruption, trahisons… S’ils avaient existé au XVIIe siècle, les journalistes auraient probablement été tournés en ridicule par Molière, au même titre que les médecins et les marquis. La révolte balzacienne contre les nouveaux pouvoirs résonne de façon étonnante pour le spectateur d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle je veux que tout, dans l’esthétique du spectacle, nous plonge dans notre monde contemporain — des costumes à la scénographie, je veux parler de notre monde, avec ses couleurs criardes, son amour du fric, son culte de la jeunesse, ses lumières éblouissantes… Tout sera contemporain donc, sauf les mots ! L’adaptation, co-écrite avec Julien Campani, tentera de restituer les enjeux politiques et moraux propres au siècle de Balzac. C’est de ce frottement entre hier et aujourd’hui que naîtra l’âme du spectacle.
Mettre en scène Illusions perdues en 2024, c’est aussi traduire l’ambition folle de la Comédie Humaine : représenter la société dans sa totalité, à la manière d’un entomologiste qui observerait la vie d’une colonie de termites en effectuant une coupe longitudinale dans leur nid. C’est la raison pour laquelle j’ai imaginé une scénographie qui représente toute la société comme une pyramide – plus on monte les étages, moins il y a de place. Pendant deux heures, ni sorties, ni entrées, aucun doublon de rôles, mais des personnages qui vivent leur vie à la vue du public : en cuisinant un repas, en écrivant un livre, en jouant de la musique, en répétant une scène, en dormant, en mangeant, en faisant l’amour, en se battant, en pissant, en se fumant… L’ensemble dessinera, je l’espère, un miroir saisissant de notre monde. Je rêve que l’ambition du Nouveau Théâtre Populaire – qui fêtera ses quinze ans en 2024 – rencontre celle de Balzac : proposer, par l’art, une représentation totale de la société.
COPRODUCTION Le Quai – CDN d’Angers, La Criée – CDN de Marseille, Le Théâtre de Caen, CENTQUATRE-PARIS, Association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire (recherche de partenaires en cours)
Avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium à Paris (résidence de création)
Synopsis
Avec Splendeurs et misères, Balzac nous entraîne dans un grand roman d’aventures. Lucien a été sauvé par Carlos Herrera, un mystérieux prêtre qui ressemble au diable. Herrera est amoureux de Lucien, mais Lucien est amoureux d’Esther, une jeune courtisane. Nucingen, richissime banquier d’affaires, s’éprend lui aussi d’Esther – et décide de la retrouver par n’importe quel moyen. S’engage une lutte digne des inventions les plus terribles de Dante et de Shakespeare. Enlèvements, évasions, escroqueries, travestissements, apparitions, coups de théâtre : tout est dans Splendeurs et misères… C’est avec cette tragédie palpitante, drôle à force d’être noire, que nous achèverons Notre Comédie humaine.
Pourquoi monter cette pièce au Nouveau Théâtre Populaire ?
«En 1824, au dernier bal de l’Opéra, plusieurs masques furent frappés de la beauté d’un jeune homme qui se promenait dans les corridors et dans le foyer…»
C’est sur cette phrase que s’ouvre Splendeurs et misères des courtisanes, conclusion flamboyante des Illusions Perdues. Tout le roman est contenu dans cette phrase liminaire : la fin d’un monde, le théâtre social, la beauté qui frappe.
Tous les personnages de Splendeurs et misères… – le roman en compte 273 – sont pris dans ce monde qui est aux prémices du nôtre. Ils portent à leur intensité maximale les passions et les pulsions humaines : l’attrait de la vertu, la tentation du mal, la fascination pour la beauté, l’appétit d’argent, la possibilité de l’amour, la fatalité de la mort. Le roman commence dans un bal et finit dans une prison. On y traverse tous les lieux de Paris, on y rencontre tous les types sociaux, on y éprouve tous les amours et toutes les haines. Le combat universel, qui est le fondement de la représentation balzacienne de la société, apparaît à nu. Et il s’exprime à travers la fougue et la folie d’une action qui ne s’interrompt jamais : évasions, mensonges, escroquerie, enlèvements, travestissements, apparitions, meurtres, suicides: tout est dans Splendeurs et misères…
Ici, on sent que Balzac « donne tout », que son énergie créatrice hors norme se donne libre cours pour accoucher d’un roman total, et infiniment noir. Balzac écrit Splendeurs et misères… comme pour rivaliser avec Dante, dont il a détourné le titre La Divine Comédie. C’est véritablement l’histoire, à travers les différentes couches de la société parisienne, d’une descente aux Enfers.
Dans le Chant V de L’Enfer, Dante décrit le sort fait aux luxurieux : « La tourmente infernale, qui n’a pas de repos, / mène les ombres avec sa rage, / et les tourne et les heurte et les harcèle. » C’est ce tercet qui est la clé de notre spectacle : un plateau nu qui tend à faire de ce Paris rêvé une sorte de désert métaphysique – et sur ce terrain de jeu ouvert à tous les vents, les acteurs et les actrices de la troupe du Nouveau Théâtre Populaire dans une énergie de jeu frénétique. La scène du théâtre, devenue un espace furieux, est comme balayée par un souffle infernal aux mouvements contradictoires. Nos personnages n’ont plus rien à quoi se raccrocher. Tous s’agitent et s’affrontent dans un espace désespérément vide. Ils devront, à un moment ou à un autre, tomber hors de scène, comme on tombe hors de vie. Leur lutte est une lutte sans espérance, et sans merci.
Je me plais à penser que nous travaillons au sein de la troupe du Nouveau Théâtre Populaire dans un esprit balzacien : avec une ambition folle et des moyens pauvres. Pour conclure notre trilogie balzacienne, nous jouerons vite, nous changerons de masques, et nous raconterons dans l’allégresse la violence du monde.
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNEEmilien Diard-Detœuf MUSIQUE Gabriel Philippot SCÉNOGRAPHIE Jean-Baptiste Bellon LUMIÈREThomas Chrétien COSTUMESZoé Lenglare et Manon Naudet SON Camille Vitté MAQUILLAGE ET COIFFURES Pauline Bry-Martin RÉGIE GÉNÉRALEMarco Benigno assisté de Thomas Mousseau-Fernandez ASSISTANTE METTEUSE EN SCÈNE Louise Bachimont ADMINISTRATION ET PRODUCTIONLola Lucas assistée de Marie Mouillard CHARGÉE DES ACTIONS SUR LE TERRITOIRE Mathilde Chêne
COPRODUCTION Le Quai – CDN d’Angers, La Criée – CDN de Marseille, Le Théâtre de Caen, CENTQUATRE-PARIS, Association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire (recherche de partenaires en cours)
Avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium à Paris (résidence de création)
Synopsis
Angoulême, 1821. Le jeune Lucien Chardon rêve de gloire et de poésie dans une ville où personne ne peut comprendre son génie. À part peut-être David, ce jeune imprimeur qui l’a embauché dans son usine de papier. Mais un jour, Lucien est invité à donner lecture de ses poèmes chez Madame de Bargeton, la femme la plus puissante d’Angoulême ! Les portes de la gloire viennent de s’ouvrir pour Lucien, qui devra composer entre son amitié pour David et les sacrifices de l’ambition… et de l’amour.
Dans Les Belles Illusions de la jeunesse, les acteurs deviennent chanteurs, et le théâtre et la musique s’accordent pour raconter les débuts fulgurants d’un jeune poète de province.
Pourquoi monter cette pièce au Nouveau Théâtre Populaire ?
« – Ha ! ha ! mon garçon, la province est la province, et Paris est Paris.» Illusions Perdues, Balzac
En adaptant pour la scène la première partie d’Illusions perdues, j’ai pour ambition de raconter Angoulême, le berceau des splendeurs et des misères de Lucien. À Angoulême, Lucien n’est rien mais il veut tout. Lucien est poète. Lucien rêve de gloire, il rêve de Paris. Alors quand madame de Bargeton, la femme la plus puissante de la ville, lui propose de venir chez elle pour lire ses poèmes, il pressent que sa vie est sur le point de basculer.
Angoulême n’est que le commencement de son odyssée splendide et funeste. À ce stade, les obstacles que rencontre Lucien ne sont encore que des feux de paille au regard des incendies qui l’attendent à Paris. Pour rendre compte de cette insouciance à durée limitée, je rêve d’une opérette. À chaque personnage correspondra un thème, qui sera comme une variation autour de la possibilité d’aimer : Lucien chantera son amour de la poésie et David chantera son admiration pour Lucien. Lucien chantera aussi son amour pour Eve qui chantera la vie simple et travailleuse dans la ville basse. Du Châtelet chantera son amour du pouvoir, et Madame de Bargeton son amour retrouvé.
Puisque le spectacle fait office d’ouverture, j’aimerais qu’il se fasse dans un décor qui pourrait figurer les prémisses d’Illusions perdues (2e partie). Pour filer la métaphore d’un Lucien rêvant d’une vie plus grande, je voudrais qu’il soit comme un acteur en coulisses. Toute la première partie se jouera donc dans un théâtre pauvre, avec des cordages apparents, sur un sol vermoulu, ouvert à tous les vents. Un théâtre qui tiendrait à la fois de l’imprimerie de David Séchard et du petit théâtre où l’on fait ses gammes. Au fond de la scène, une grande toile peinte figurera l’image idéalisée de Paris, cette Ville Lumière qui fait fantasmer Lucien. Pour compléter le tout, je disposerai quelques chaises et peut-être une table de maquillage mal dissimulée par un rideau troué. Il faudra donner l’impression du cocon de la chenille, avant qu’elle ne soit papillon et s’envole vers Paris.
La nouvelle trilogie que nous préparons s’annonce plus noire que la précédente, peut-être parce que le mouvement qui l’agit est une spirale vers le bas, vers le désespoir et la mort. Plus nous partirons de haut, plus la chute sera vertigineuse. Commencer en chansons, et par le théâtre le plus gai qui soit, est une manière de raconter l’enfance du héros, une enfance insouciante et pleine de promesses, pleine des belles illusions de la jeunesse. Sept heures plus tard, quand toutes les lumières se seront éteintes, le souvenir de cette gaieté-là nous fera penser que Lucien, avant d’être un diable perdu par le vice, était d’abord un jeune garçon plein de rêves sublimes, un enfant d’Angoulême.
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNEPauline Bolcatto SCÉNOGRAPHIE Jean-Baptiste Bellon LUMIÈREThomas Chrétien COSTUMESZoé Lenglare et Manon Naudet SON Camille Vitté MAQUILLAGE ET COIFFURES Pauline Bry-Martin RÉGIE GÉNÉRALEMarco Benigno assisté de Thomas Mousseau-Fernandez ASSISTANTE METTEUSE EN SCÈNE Janna Behel ADMINISTRATION ET PRODUCTIONLola Lucas assistée de Marie Mouillard CHARGÉE DES ACTIONS SUR LE TERRITOIRE Mathilde Chêne
COPRODUCTION Le Quai – CDN d’Angers, La Criée – CDN de Marseille, Le Théâtre de Caen, CENTQUATRE-PARIS, Association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire (recherche de partenaires en cours)
Avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium à Paris (résidence de création)
Synopsis
Balzac était complètement accro au café. Il ne faisait pas de nuit complète. Il se réveillait bien souvent dans un délire euphorique pour écrire compulsivement.On dit même qu’il avait des hallucinations : il parlait à ses personnages, parfois même leur hurlait dessus ou riait avec eux. Lors de nos trois soirées Paradis, Purgatoire, Enfer, Balzac, en maître de cérémonie, œuvre en délire. Notre auteur exubérant et son amie George Sand orchestreront nos soirées en nous invitant à une véritable fantasmagorie déambulatoire. Chansons, poèmes, textes actuels : les artistes de la troupe feront dialoguer dans le jardin notre époque et l’œuvre balzacienne, pour mieux nous raconter cette grande Comédie humaine qui se joue et se rejoue depuis bien des siècles.
« Une histoire plus extraordinaire que vos rêves, et pourtant une histoire vraie » Pinocchio, Pommerat
Synopsis
Lors d’une tempête, un arbre mystérieux est déraciné par l’orage. Un homme pauvre et seul décide alors d’en faire un pantin. Mais cet être qui prend vie est rebelle et cruel. Pinocchio fera un voyage initiatique parsemé d’obstacles où il apprendra à sortir de l’ignorance afin de devenir un véritable enfant.
Joël Pommerat écrit un Pinocchio des temps modernes où la magie peut flirter avec la dure réalité, où l’on ne sait plus distinguer le mensonge de la vérité, l’illusion de l’authenticité. Ce spectacle convoquera les esthétiquesdu cirque et de la fête et sera ainsi une grande déclaration d’amour au théâtre. Au fond, Pinocchio n’est-il pas un acteur ? Quelqu’un qui rêve de devenir un autre, qui prend forme, qui devient réel à force de travail. Quelqu’un qui apprend à transformer le réel pour raconter des histoires.
Pourquoi monter cette pièce au Nouveau Théâtre Populaire ?
Difficile d’imaginer le monde sans Pinocchio. Ce chef d’œuvre de la littérature enfantine (écrit en 1881 par Carlo Collodi – contemporain de Balzac) est en fait bien plus qu’un simple récit destiné à amuser les enfants tant il recèle de significations multiples et de questionnements philosophiques.
La forme même brouille les frontières entre récit de formation, conte merveilleux et roman picaresque. C’est une œuvre à plusieurs niveaux de lecture, c’est pourquoi elle est toujours autant d’actualité et résonne aussi bien chez les petits que chez les grands.
Dans cette adaptation de Joël Pommerat, plus proche du récit de Collodi que du dessin animé édulcoré de Disney, Pinocchio représente l’enfant contemporain, cet enfant tyran qui incarne la toute-puissance individuelle. En ce sens, Pinocchio est vraiment un anti-héros : transgressif, énervant mais attachant.
Je souhaite que l’action se déroule dans notre monde actuel où la magie peut flirter avec la dure réalité, où l’on ne sait plus distinguer le mensonge de la vérité, l’illusion de l’authenticité.
Cette histoire est teintée de l’univers du cirque, du cabaret, de la fête. Je veux appuyer ma mise en scène sur cette esthétique du spectacle et en faire ainsi une grande déclaration d’amour au théâtre. Au fond, Pinocchio n’est-il pas un acteur ? Quelqu’un qui rêve de devenir un autre, qui prend forme, qui devient réel à force de travail. Quelqu’un qui apprend à transformer la réalité pour s’en servir et raconter des histoires pour les autres.
Sur scène il y aura donc littéralement un petit théâtre – avec un rideau – duquel s’échappera une multiplicité de personnages (escrocs, meurtriers, fée, diva, juge, mauvais élève, marchand d’âne…) tous plus farfelus les uns que les autres. Un narrateur mystérieux servira de guide au spectateur en s’adressant directement à son imagination et parfois en l’impliquant même dans l’action de notre spectacle. On jouera sans cesse avec les codes du théâtre, on mettra à nu ses artifices pour en révéler toute la force et la poésie.
En me servant d’éléments scénographique simples, de constructions en bois, ainsi que de costumes colorés, tout en donnant une place importante au son et à la musique, je souhaite faire de ce conte une épopée fabuleuse pour les petits comme pour les grands.
Ce conte nous permet de nous interroger sur notre condition d’être humain. Il nous apprend que pour vivre dans notre société il faut avant tout exister dans son rapport aux autres, et qu’on ne naît pas libre mais qu’on le devient.
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE LES BELLES ILLUSIONS DE LA JEUNESSE Emilien Diard-Detœuf ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE ILLUSIONS PERDUES Léo Cohen-Paperman (co-auteur Julien Campani) ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE SPLENDEURS ET MISÈRESLazare Herson-Macarel CONCEPTION ET MISE EN SCÈNE DES INTERMÈDESPauline Bolcatto (en collaboration avec Sacha Todorov)
SCÉNOGRAPHIE Jean-Baptiste Bellon LUMIÈREThomas Chrétien COSTUMESZoé Lenglare et Manon Naudet MUSIQUE Gabriel Philippot SON Camille Vitté assisté de Lucas Soudi MAQUILLAGE ET COIFFURES Pauline Bry-Martin CHORÉGRAPHIE Georgia Ives RÉGIE GÉNÉRALEMarco Benigno assisté de Thomas Mousseau-Fernandez ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Louise Bachimont et Janna Behel ADMINISTRATION ET PRODUCTIONLola Lucas assistée de Marie Mouillard
COPRODUCTION : Le Quai – CDN d’Angers, La Criée – CDN de Marseille, Le Théâtre de Caen, CENTQUATRE-PARIS, Association des Amis du Nouveau Théâtre Populaire
Avec l’aide à la création de la DRAC Pays-de-la Loire, du Ministère de la Culture, du Département du Maine-et-Loire et de la Ville d’Angers. Avec la participation de l’ADAMI. Avec le soutien du Théâtre de l’Aquarium à Paris (résidence de création) et du Théâtre de la Tempête. Avec l’aide à la diffusion de la Mairie de Paris et de la Région Pays-de-la-Loire.
Pourquoi la Comédie humaine ?
« Quand je n’écris pas mes manuscrits, je pense à mes plans, et quand je ne pense pas à mes plans et ne fais pas de manuscrits, j’ai des épreuves à corriger. Voici ma vie. »
Balzac, Lettre à Mme Hanska, 14 novembre 1842.
Après avoir écrit plusieurs romans qu’il songe à rassembler sous le titre « Etudes de mœurs », l’activité créatrice de Balzac devient frénétique et lui fait concevoir les plans d’une œuvre colossale, totale, tentaculaire. Il se propose alors, en toute simplicité, selon ses propres termes, de « concurrencer l’état-civil » en établissant à travers son œuvre une « histoire naturelle de la société », « sans que ni une situation de la vie, ni une physionomie, ni un caractère d’homme ou de femme, ni une manière de vivre, ni une profession, ni une zone sociale, ni un pays français, ni quoi que ce soit de l’enfance, de la vieillesse, de l’âge mûr, de la politique, de la justice, de la guerre, ait été oublié. » Bref, il veut tout raconter.
En janvier 1840, pour désigner cette énorme somme littéraire, qu’il compare à l’occasion à une encyclopédie ou à une cathédrale, Balzac emploie pour la première fois le titre La Comédie humaine – référence explicite à un autre « poète total », Dante Alighieri. Au plus fort de son travail acharné, Balzac prévoit que La Comédie Humaine une fois achevée comportera 145 romans, nouvelles et essais. Bien sûr, il n’achèvera pas. À sa mort en 1850, Balzac épuisé laisse 93 romans, qui inspireront plus tard Baudelaire, Zola, Proust et Dostoïevski. La Comédie humaine est aujourd’hui reconnue comme une révolution littéraire, l’avènement du roman moderne, et l’un des sommets de la littérature mondiale.
Pendant vingt-cinq ans, Balzac passe donc d’innombrables nuits enfermé dans son cabinet de travail, noircissant des milliers de pages, buvant des millions de tasses de café, donnant vie à plus de deux mille personnages (2472 exactement !), se fiant à un don d’observation unique pour faire revivre la nuit les situations traversées dans la journée, et pour faire de son grand livre le reflet de la société toute entière.
L’époque qu’il décrit, c’est celle d’après les temps héroïques de la Révolution et de l’Empire, c’est celle de la chute et de la déréliction du corps social et de tous les idéaux, c’est celle qui voit naître le règne de l’argent et la financiarisation de l’économie, celle de l’individualisme galopant et de la lutte de tous contre tous, celle de l’opulence et de la misère, celle du cynisme politique, celle de la médiocrité et du désordre, mais celle aussi où subsistent des exemples sublimes d’amitié, de passion, d’énergie, de persévérance et de désintéressement. Tous ces thèmes, qui annoncent avec une précision visionnaire la société atomisée et inégalitaire dans laquelle nous vivons aujourd’hui, sont incarnés par des personnages qui sont devenus des archétypes. Tous les personnages que Balzac a côtoyés, rencontrés, observés se retrouvent couchés par lui sur le papier, tous s’affrontent au milieu des ruines de l’ancienne société qui s’est effondrée, tous se débattent dans un monde qui nous apparaît comme la préfiguration du nôtre.
Deux romans pour trois spectacles
Les deux romans que Balzac lui-même désignait comme la « colonne vertébrale » de La Comédie humaine seront la trame de notre nouvelle trilogie : Illusions Perdues et Splendeurs et misères des courtisanes. Ces deux romans, quoique différents par leur style et leur structure, racontent une seule et même histoire. Ils font le récit du parcours initiatique d’un des personnages les plus célèbres de Balzac, qui est aussi un de ses alter ego littéraires : Lucien de Rubempré.
Lucien est un jeune homme d’Angoulême sans fortune, fils d’un pharmacien et d’une femme de petite noblesse, qui rêve de monter à Paris pour y réaliser son rêve : la gloire littéraire. De compromissions en renoncements, de succès éphémères en disgrâces irrémédiables, il fait l’expérience douloureuse des caprices de la fortune, des hypocrisies mondaines, du vice et de la déchéance.
Le premier spectacle de la trilogie correspond à la première partie d’Illusions Perdues : Les deux poètes. Le deuxième spectacle fait le récit des aventures de Lucien à la conquête de la capitale : Un grand homme de province à Paris. Le troisième est une adaptation de Splendeurs et misères des courtisanes, qui raconte la deuxième vie de Lucien à Paris, et sa chute définitive. Enfin, comme nous avons, à l’instar de Balzac, le rêve d’un art total, nous pensons la représentation de cette trilogie comme une fête de théâtre ininterrompue : avant chaque représentation et pendant les entractes, des intermèdes que nous concevons comme un spectacle à part entière et qui constitueront le cadre de notre trilogie se joueront au contact direct des spectateurs.
« Le plus grand chagrin de ma vie ? La mort de Lucien de Rubempré. » Oscar Wilde
Casimir Lemoine, chômeur et alcoolique, est visité par le présentateur du 20h de TF1 qui lui annonce qu’un super calculateur l’a désigné comme le prochain président de la République. Quelques heures plus tard, il se réveille à l’hôpital, des soignants diagnostiquent son délire. Une dispute éclate et l’hôpital est incendié. Casimir s’échappe et fonce vers Paris, au hasard. Le bonhomme est-il fou? Cette ambiguïté est le point de départ d’un périple déglingué et jeanne-d’arcquien, guidé par les rayons de la démence, de la toute-puissance algorithmique et du formidable élan de la catastrophe nationale.
Elie Salleron, auteur de notre génération, écrit cette année une pièce farcesque pour le Nouveau Théâtre Populaire. Il s’attaque au réel avec une rage acide, et une provocation qui rend caduque toute tentative de jugement moral.
Son théâtre, politique et intranquille, ose rajouter des questions aux questions, en faisant bouger nos repères existentiels avec radicalité et le sens du scandale !