Le Cercle de craie caucasien

Le Cercle de craie caucasien

Le Cercle de craie caucasien /

Brecht

Comédie épique

 

13, 16, 20, 23, 27 août 2026 À 20h30

 

DURÉE 1h45

TRADUCTION Georges Proser
PUBLIÉ CHEZ L’Arche
MISE EN SCÈNE Emilien Diard-Detœuf
RÉGIE GÉNÉRALE Marco Benigno et Thomas Chrétien
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Mathilde Chêne et Marie Mouillard

“ Redoutable est la tentation d’être bon ”

Synopsis

En Géorgie, un coup d’Etat éclate. Le palais du gouverneur brûle et, dans la panique générale, son enfant est oublié.

La servante Groucha le recueille et s’enfuit avec lui. Échappant à ses poursuivants qui recherchent l’héritier, elle l’élève dans les Montagnes du Nord. Mais un jour, l’autre mère ressurgit et réclame l’enfant. Qui sera la vraie mère ? Un procès va avoir lieu. Pour trancher le cas, on appelle Azdak, écrivain public, ivrogne notoire et juge par accident. C’est l’épreuve du cercle de craie. 

Dans cette fable épique, sensible et drôle, Brecht nous conduit dans une course-poursuite à travers les paysages d’une Géorgie ancienne, où la lâcheté et la cruauté ordinaires sont vaincues par l’amour maternel et le courage d’une simple servante.

Intention

Le monde a changé, les inquiétudes demeurent. L’époque de Brecht a rêvé un communisme que notre époque a enterré. Mais l’amour de l’autre est encore aux prises avec l’individualisme. L’égoïsme côtoie toujours la bonté. La sollicitude marche toujours dans les pas de la cruauté.

Le Cercle de craie caucasien est l’expérience d’une femme traversant un pays où partout elle est une étrangère ; la pièce raconte sa lutte pour survivre à la chasse lancée contre elle et l’accueil que lui réservent ceux qu’elle rencontrent. Chacun sur sa route a son intérêt à défendre, légitime et sensé, impossible à laisser tomber. Dans ce monde dominé par les intérêts individuels, certains ne peuvent s’empêcher de porter secours. L’ivrogne Azdak et la servante Groucha : la résistance est l’étoile poursuivie par tous et servie par quelques-uns, irréductibles.

Je me souviens de la première fois que j’ai travaillé sur un texte de Brecht. C’était au Conservatoire. Ma professeur de l’époque, Nada Strancar, avait souhaité passer l’année sur cet auteur. Elle avait commencé son premier cours en nous disant : “ mais qu’est-ce qu’on a raté ? ”.

En montant un texte de Brecht, je suis obligé de me demander quel est mon rapport à la lutte, à l’engagement, à la résistance. Je suis obligé d’avouer que je suis comme ces personnages qui ne pensent qu’à leur survie, mais qui sont pourtant obsédés à l’idée d’être un jour un peu plus grand que ça. 

Notre époque est en train d’en finir avec la paix perpétuelle. Notre génération s’apprête, si ce n’est pas déjà fait, à renouer avec cette petite musique effroyable de la guerre. Brecht n’était pas un auteur de la résistance, c’était un poète de la condition humaine, de sa misère et de ses fulgurances.

Il y a douze ans, j’écrivais les lignes qui suivent : je les signerais encore aujourd’hui.

“Je voudrais parler de notre quête utopique, née d’une lassitude. Je voudrais parler d’une génération, la mienne, qui se défie de la politique mais qui ne rêve que d’engagement ; je voudrais parler de notre attention toujours plus scrupuleuse à la marche générale du monde et de l’inconsolable nécessité de nous en extraire.
Je voudrais parler de nos contradictions.”

Emilien Diard-Detœuf

 

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