La Cerisaie

La Cerisaie

La Cerisaie /

Tchekhov

Comédie mélancolique

 

12, 15, 19, 22, 26 août 2026 À 20h30

 

DURÉE 1h55

TRADUCTION André Markowicz et Françoise Morvan
PUBLIÉ CHEZ Acte Sud
MISE EN SCÈNE Julien Romelard
RÉGIE GÉNÉRALE Marco Benigno et Thomas Chrétien
COSTUMES Zoé Lenglare et Manon Naudet
ADMINISTRATION ET PRODUCTION Mathilde Chêne et Marie Mouillard

“ O ma cerisaie ! tu es jeune à nouveau, tu es pleine de bonheur…Si je pouvais ôter de ma poitrine cette lourde pierre, si je pouvais oublier mon passé ! “  

Synopsis

De retour de Paris, Lioubov Andreïevna retrouve la maison de son enfance, sa Cerisaie. Accueillie à bras ouverts par ses filles, son frère, ses proches et ses voisins, elle se heurte pourtant à une réalité implacable  : criblée de dettes, elle doit vendre la propriété — sans parvenir à s’y résoudre. Que faire du passé quand le futur frappe à notre porte ?

Écrite en 1903, alors qu’Anton Tchekhov, affaibli par la maladie, s’éloigne de la capitale, La Cerisaie est une comédie au seuil du basculement. Dans une Russie en pleine mutation, à la veille de la révolution, l’auteur capte cet instant fragile où tout vacille : un temps suspendu, traversé de doutes et de peur, de joies et de rires, de musique et de silences.
Une comédie douce-amère où l’on rit pendant que le monde change.

Intention

Pour un artiste – je dirais même pour une troupe – il y a parfois des œuvres qui nous accompagnent toute notre vie. Qui sont intimement liées à qui nous sommes, à ce que nous faisons, à ce que nous pensons. Des œuvres qui dialoguent avec nous, de jour en jour, pour nous bousculer et nous construire. Des œuvres qui répondent à nos doutes, nos désirs, nos peurs et surtout à notre besoin de comprendre pourquoi nous faisons tout cela. La Cerisaie est l’une de ces œuvres pour moi – et pour notre troupe.

Nous avons créé La Cerisaie au Nouveau Théâtre Populaire en 2014. Pour la plupart d’entre nous, nous nous rapprochions doucement de nos 30 ans. La maison du Nouveau Théâtre Populaire était en vente, comme dans La Cerisaie. Nous étions incertains quant à la suite de notre aventure.

Depuis, douze ans ont passé, la maison a été rachetée, l’aventure s’est pérennisée, les enfants sont plus nombreux que les membres de la troupe, nos 40 ans sont à notre porte. 

Entre ces deux temps nous avons été dans l’illusion que quelque chose pourrait être certain, que quelque chose pourrait s’apaiser avec le temps. Mais il n’y a jamais de certitude dans cette aventure, ni même – c’est mon point de vue – dans le rôle d’un artiste. 

La seule chose qui n’a pas bougé ce sont les mots de Tchekhov. Et c’est toujours fabuleux de se rendre compte comme ils résonnent précisément avec ce que nous sommes aujourd’hui, comme ils nourrissent les troubles que nous traversons. 

Ou peut-être, cela n’est qu’une supposition, nous sommes-nous tellement nourris de ces mots que nous sommes devenus les personnages de Tchekhov. 

 Les mots n’ont pas bougé, mais nos corps, nos voix, nos doutes, nos peurs, nos désirs, notre façon de nous confronter à la vie, oui. J’ai la certitude que douze ans plus tard, pour nous, comme pour notre public, ces mots résonneront d’une manière tout à fait nouvelle – et paradoxalement comme s’ils n’avaient jamais cessé d’être dits – et viendront répondre ou questionner intimement troupe et spectateurs. 

Tout cela est certainement lié au fait qu’Anton Tchekhov écrit La Cerisaie en 1903 dans une Russie en pleine transition, à la veille de la révolution, alors qu’il se meurt de la phtisie. Faible et en retraite loin de la capitale, il questionne cet instant fragile où la communauté est face à l’imminence d’un bouleversement. Comment construire un nouvel ordre sans pour autant sacrifier ce qui fait notre identité ? Qu’est-on prêt à détruire pour cela ? Faut-il abattre notre passé pour construire notre futur ? Sans aborder ces questions frontalement, Tchekhov trace le portrait saisissant d’une société en mouvement à travers ses personnages et leur complexité humaine.

Mais, alors qu’il se meurt, il nous laisse non dans la tristesse de sa disparition mais dans la célébration de son héritage.

C’est ainsi que, forts et fragiles de tout cela, nous souhaitons vous re-présenter joyeusement notre Cerisaie. Car, ne nous y trompons pas, La Cerisaie est une comédie. La joie, l’espoir et l’amour sont au centre de cette pièce comme des balises qui nous aident à affronter nos déchirements intimes. 

 Jouer La Cerisaie a été et sera toujours une nécessité pour nous.

Julien Romelard

 

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